Quand toutes tes nombreuses amies de ton âge sont mariées et/ou propriétaires et/ou mères ou tout ça en même temps, ça te remet en pleine face ton adulescence.
Paffff!
Et moi qui m'embarque dans un autre quatre ans de vie d'étudiante simili-fauchée.
Tu veux faire un doctorat Amélie? Tu l'as eu ta bourse tant convoitée? Ben assume.
C'est ce que je me dis ce soir.
lundi 3 mai 2010
dimanche 7 février 2010
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Extérieur, de jour, sous le soleil plombant de Dakar
C'est maintenant officiel. Amélie est trentenaire.
En ce matin de son anniversaire, Amélie est assise à la terrasse de la maison où elle demeure. Il n'est pas encore midi et il fait 34C au thermomètre. Au moins, la chaleur ici est sèche, pas humide comme à Montréal. La gouvernante lui sert le café. Amélie la laisse faire au prix d'un certain pincement de coeur. Amélie sait que les employés de maison sont nécessaires: ne pas en engager, c'est très mal vu . Les engager, c'est créer de l'emploi. Malgré tout, Amélie ne s'habitue pas à se faire servir. Tout le temps, partout, pour tout.
Amélie aime le Sénégal. La ville de Dakar est belle, moderne, agréable. Et les Sénégalais....quoi dire, les Wolofs ont des corps de dieux. Sérieusement. Entre 16h et 19h, ils courent tous le long de la corniche. De longues jambes musclées, un torse découpé au couteau, des épaules sur lesquelles on a envie de poser la tête. Amélie les regarde courir par la fenêtre baissée de la Mercedes qui la ramène à la maison après la journée au bureau. Et répond par un sourire aux sifflements qui lui sont dirigés.
À l'occasion, lorsqu'Amélie se fait draguer et demander en mariage par l'un de ces dieux d'ébène, la pensée de dire oui l'effleure. Mais cette pensée déraisonnable la quitte assez rapidement lorsque le terme «polygame» perce la brume de son cerveau. Amélie ne comprendra jamais ce principe et ne pourra jamais faire confiance à quelqu'un pour qui la polygamie est le signe ultime de richesse et de réussite. Dommage.
Les collègues du bureau lui ont offert une tunique traditionnelle pour son anniversaire. Une longue tunique en basin riche, un tissu très dispendieux résultant d'un mélange de lin et de coton, et brodée de manière magnifique. La pensée a beaucoup touché Amélie. Il faut savoir que le principe du cadeau d'anniversaire n'est pas du tout répandu au Sénégal. Pour leur faire plaisir, Amélie a prévu la porter vendredi prochain, jour de la Mosquée, mais surtout, jour où les Sénégalais se mettent sur leur 36. Un peu l'équivalent des dimanches d'antan au Québec.
Mais pour l'instant, Amélie va profiter d'une première journée de congé en trois semaines pour se prélasser sur le bord de la piscine. Et penser à cette décennie qui commence.
C'est maintenant officiel. Amélie est trentenaire.
En ce matin de son anniversaire, Amélie est assise à la terrasse de la maison où elle demeure. Il n'est pas encore midi et il fait 34C au thermomètre. Au moins, la chaleur ici est sèche, pas humide comme à Montréal. La gouvernante lui sert le café. Amélie la laisse faire au prix d'un certain pincement de coeur. Amélie sait que les employés de maison sont nécessaires: ne pas en engager, c'est très mal vu . Les engager, c'est créer de l'emploi. Malgré tout, Amélie ne s'habitue pas à se faire servir. Tout le temps, partout, pour tout.
Amélie aime le Sénégal. La ville de Dakar est belle, moderne, agréable. Et les Sénégalais....quoi dire, les Wolofs ont des corps de dieux. Sérieusement. Entre 16h et 19h, ils courent tous le long de la corniche. De longues jambes musclées, un torse découpé au couteau, des épaules sur lesquelles on a envie de poser la tête. Amélie les regarde courir par la fenêtre baissée de la Mercedes qui la ramène à la maison après la journée au bureau. Et répond par un sourire aux sifflements qui lui sont dirigés.
À l'occasion, lorsqu'Amélie se fait draguer et demander en mariage par l'un de ces dieux d'ébène, la pensée de dire oui l'effleure. Mais cette pensée déraisonnable la quitte assez rapidement lorsque le terme «polygame» perce la brume de son cerveau. Amélie ne comprendra jamais ce principe et ne pourra jamais faire confiance à quelqu'un pour qui la polygamie est le signe ultime de richesse et de réussite. Dommage.
Les collègues du bureau lui ont offert une tunique traditionnelle pour son anniversaire. Une longue tunique en basin riche, un tissu très dispendieux résultant d'un mélange de lin et de coton, et brodée de manière magnifique. La pensée a beaucoup touché Amélie. Il faut savoir que le principe du cadeau d'anniversaire n'est pas du tout répandu au Sénégal. Pour leur faire plaisir, Amélie a prévu la porter vendredi prochain, jour de la Mosquée, mais surtout, jour où les Sénégalais se mettent sur leur 36. Un peu l'équivalent des dimanches d'antan au Québec.
Mais pour l'instant, Amélie va profiter d'une première journée de congé en trois semaines pour se prélasser sur le bord de la piscine. Et penser à cette décennie qui commence.
vendredi 8 janvier 2010
Question(s) existentielle(s) No. 10
mercredi 6 janvier 2010
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Extérieur, de jour
Amélie marche vers le dépanneur. Elle vient d'échanger plusieurs courriels avec le neuroscientifique. Celui qui a déposé la plus grosse roche dans le coeur d'Amélie dans la dernière année.
Amélie avait pourtant mis une croix sur celui qui était parti indefinitely dans la grande ville laide et capitaliste de Toronto.
But he is back et Amélie vient de se rappeler pourquoi she fell for him in the first place.
Amélie se dit qu'elle doit résister pendant 13 jours encore. Treize petits jours de rien. Treize longues nuits.
Amélie marche vers le dépanneur. Elle vient d'échanger plusieurs courriels avec le neuroscientifique. Celui qui a déposé la plus grosse roche dans le coeur d'Amélie dans la dernière année.
Amélie avait pourtant mis une croix sur celui qui était parti indefinitely dans la grande ville laide et capitaliste de Toronto.
But he is back et Amélie vient de se rappeler pourquoi she fell for him in the first place.
Amélie se dit qu'elle doit résister pendant 13 jours encore. Treize petits jours de rien. Treize longues nuits.
mardi 5 janvier 2010
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Intérieur, de soir
Amélie regarde sa valise ouverte toute grande par terre sur le plancher déjà trop rempli de sa chambre.
Il y a bien des années, Amélie était persuadée que lorsqu'elle allait être adulte, son plancher de chambre allait être propre. Vidé des piles hétéroclites qui ont embrouillé son adolescence. Comme elle se trompait. Maudite pensée magique.
Aujourd'hui, donc, Amélie regarde ses piles qui entourent sa valise toute neuve par terre sur le plancher un peu trop froid de sa chambre.
Et elle les classe dans sa tête, à défaut de les ramasser pour vrai.
La pile de livres pour la maîtrise.
La pile de livres pour le doctorat.
La pile de papiers à classer.
La pile de documents pour son emploi d'assistante de recherche.
La pile de documents pour son emploi d'éditrice.
La pile de livres pour le plaisir.
La pile de livres pour garder son cerveau allumé.
La pile de vêtements à laver.
La pile de sacs à mains à ranger.
La pile de souliers à replacer.
La pile de factures à payer.
La pile de blessures à panser.
Les valises en direction du Sénégal vont être lourdes. Mais Amélie espère bien que le coeur, au retour, sera plus léger.
Amélie regarde sa valise ouverte toute grande par terre sur le plancher déjà trop rempli de sa chambre.
Il y a bien des années, Amélie était persuadée que lorsqu'elle allait être adulte, son plancher de chambre allait être propre. Vidé des piles hétéroclites qui ont embrouillé son adolescence. Comme elle se trompait. Maudite pensée magique.
Aujourd'hui, donc, Amélie regarde ses piles qui entourent sa valise toute neuve par terre sur le plancher un peu trop froid de sa chambre.
Et elle les classe dans sa tête, à défaut de les ramasser pour vrai.
La pile de livres pour la maîtrise.
La pile de livres pour le doctorat.
La pile de papiers à classer.
La pile de documents pour son emploi d'assistante de recherche.
La pile de documents pour son emploi d'éditrice.
La pile de livres pour le plaisir.
La pile de livres pour garder son cerveau allumé.
La pile de vêtements à laver.
La pile de sacs à mains à ranger.
La pile de souliers à replacer.
La pile de factures à payer.
La pile de blessures à panser.
Les valises en direction du Sénégal vont être lourdes. Mais Amélie espère bien que le coeur, au retour, sera plus léger.
Libellés :
débordée,
équilibre,
existence,
expériences,
où tout ça mènera-t-il?,
Sénégal,
voyage
jeudi 31 décembre 2009
Rétrospective annuelle
Intérieur, de jour
En cette année 2009 qui se termine, Amélie fait un bilan:
ce qu'elle a fait pour la première fois en 2009:
- Enseigner à l'université;
- Se faire poser des ongles en acrylique;
- Faire plus de 20 km pour aller travailler;
- Poser de la tapisserie sur un meuble;
- Écrire un mémoire de maîtrise;
- Être marraine;
- Voir ses amies être enceintes et accoucher;
- Remplir des demandes de bourses doctorales;
- Aller dans un salon de bronzage;
- Voyager dans un club tout-inclus;
- Publier un article scientifique.
ce qu'elle espère avoir fait pour la dernière fois en 2009:
- Se faire poser des ongles en acrylique;
- Voir ses amis se chicaner et être impuissante à les réconcilier;
- Voir sa famille se chicaner et être impuissante à les réconcilier;
- Avoir à justifier ses nombreuses heures de travail à son entourage;
- S'inscrire dans un gym, abandonner et continuer à payer.
ce qu'elle compte faire pour la première fois en 2010:
- Aller travailler au Sénégal;
- Déposer son mémoire de maîtrise;
- Voir si la trentaine sera plus douce que la vingtaine;
- Entrer au doctorat;
- Entendre sa filleule prononcer son nom;
- Présenter dans un congrès scientifique;
- Obtenir une bourse pour étudier;
- Trouver, enfin, un système de classement efficace pour ses bibliothèques.
En cette année 2009 qui se termine, Amélie fait un bilan:
ce qu'elle a fait pour la première fois en 2009:
- Enseigner à l'université;
- Se faire poser des ongles en acrylique;
- Faire plus de 20 km pour aller travailler;
- Poser de la tapisserie sur un meuble;
- Écrire un mémoire de maîtrise;
- Être marraine;
- Voir ses amies être enceintes et accoucher;
- Remplir des demandes de bourses doctorales;
- Aller dans un salon de bronzage;
- Voyager dans un club tout-inclus;
- Publier un article scientifique.
ce qu'elle espère avoir fait pour la dernière fois en 2009:
- Se faire poser des ongles en acrylique;
- Voir ses amis se chicaner et être impuissante à les réconcilier;
- Voir sa famille se chicaner et être impuissante à les réconcilier;
- Avoir à justifier ses nombreuses heures de travail à son entourage;
- S'inscrire dans un gym, abandonner et continuer à payer.
ce qu'elle compte faire pour la première fois en 2010:
- Aller travailler au Sénégal;
- Déposer son mémoire de maîtrise;
- Voir si la trentaine sera plus douce que la vingtaine;
- Entrer au doctorat;
- Entendre sa filleule prononcer son nom;
- Présenter dans un congrès scientifique;
- Obtenir une bourse pour étudier;
- Trouver, enfin, un système de classement efficace pour ses bibliothèques.
mardi 8 décembre 2009
Tague 3 - Le Catastrophomètre
Lue sur plusieurs blogue, mais issue de chez Martin Petit.
Où étiez-vous et quelle était votre situation sociale lors de ces événements?
Polytechnique:
J'ai 9 ans, presque 10. Je vois à la télé ce qui s'est passé. J'ai des questions plein la tête. Mais je ne les pose pas, ma mère, pas-encore-officiellement-monoparentale-mais-ça-s’en-vient, est trop occupée pour que je la dérange avec ça. Le lendemain, à l'école, j’apprends dans la cour d’école que l'amie de la fille d'une enseignante est morte dans cette tragédie. Je me questionne encore plus. La mort n'a pas encore croisé ma route, je ne la saisis pas. Je finis par questionner ma mère. Et elle m'explique. Et me parle d’égalité des sexes et de femmes qui payent injustement de leur vie. Et dans ma tête, je suis devenue féministe. Bon, pas dans ces mots-là à ce moment-là... je n’ai pas encore lu Beauvoir ni tout ce que je lirai plus tard, mais depuis quelques jours, je lis en cachette Jamais sans ma fille. Ma mère l’a emprunté à la bibliothèque mais m’a interdit de le lire. Je suis docile, mais pas pour les livres. Je me rappelle très bien avoir comparé les deux situations et m’être dit que c’était injuste qu’une femme meurt ou soit maltraitée parce qu’elle était une femme. Après cette discussion, j’ai probablement lu en soupant pendant que me mère me disait de lâcher mon livre et d’aller ensuite ranger ma chambre… ce que j’ai probablement fait en lisant et en poussant mes choses sous le lit. Et je me suis probablement endormie en écoutant ma cassette de New Kids on the Block dans mon gros walkman jaune fake.
11 septembre:
J’étudie à l’UQAM où j’entame la troisième année de mon baccalauréat en enseignement. Je travaille dans une épicerie pour payer mes études et je date Étienne, un comptable tatoué de partout et très versé dans le heavy metal. Rien de sérieux, on regarde des films et on baise dans son immense 6 1/2 à peine meublé. J’habite toujours chez ma mère, mais je viens de m’installer plutôt confortablement au sous-sol : semblant d’autonomie. Je lis les existentialistes, les féministes et les beatniks et j’écoute mes cd de vieux chanteurs français sur mon discman. Mon moral n’est pas très fort. Je combats une dépression «post-suicide de mon frère» que j’ignore de toutes mes forces. Ce jour-là, je suis assise dans mon cours d’histoire des États-Unis donné par Donald Cuccioletta qui, depuis deux semaines, nous répète que si les États-Unis ne changent pas certaines de leurs politiques étrangères bientôt, ils devront s’attendre à des attaques terroristes. On a à peine commencé le cours. Quelqu’un arrive en retard et annonce la nouvelle. On ne sait pas trop ce qui se passe. On poursuit un peu le cours et on finit par aller regarder la télé au Grimoire. On voit les tours s’écraser. Je n’oublierai jamais cette journée ni le soulagement sur le visage de ma mère - qui paniquait depuis l’avant-midi et n’arrivait pas à me joindre sur mon cellulaire - lorsque je suis rentrée ce soir-là.
Aujourd’hui:
J’ai 29 ans, presque 30. Je suis toujours aux études, je travaille comme une malade, je procrastine à souhait, je bois trop de café et je partage un appartement avec un ami. Je serai éventuellement une candidate au post-graduate syndrome, je sais. Je lis surtout des articles scientifiques, un peu de poésie - jamais abandonné mes beatniks – et tout ce qui me tombe sous la main, mais je suis difficile. J’ai commencé à lire des livres électroniques - agréables dans les transports. J’achète ma musique au gré de mes humeurs directement sur internet et l’écoute sur mon iPhone ou mon MacBook Pro allumé en permanence. J’ai des projets plein la tête: je pars pour l’Afrique dans quelques semaines. Pour la deuxième fois. Je pense souvent aux recherches que j’ai envie de faire quand j’aurai un papier qui me dira que je qualifiée pour en faire par moi-même. Célibataire sans enfant et presque sans horaire, je cherche de plus en plus ma place dans un groupe d’amis de plus en plus casés, installés, hypothéqués et reproduits. Je sais ce que je voudrais comme vie dans ma tête, mais je ne sais pas encore si je vais trouver un homme qui a le même rêve que moi. Je n’ai jamais fait les choses comme les autres, mais je ne m’en porte pas plus mal. Je suis encore en définition… et ça fait un peu paniquer ma mère. Mais bon, ce n'est pas nouveau.
Où étiez-vous et quelle était votre situation sociale lors de ces événements?
Polytechnique:
J'ai 9 ans, presque 10. Je vois à la télé ce qui s'est passé. J'ai des questions plein la tête. Mais je ne les pose pas, ma mère, pas-encore-officiellement-monoparentale-mais-ça-s’en-vient, est trop occupée pour que je la dérange avec ça. Le lendemain, à l'école, j’apprends dans la cour d’école que l'amie de la fille d'une enseignante est morte dans cette tragédie. Je me questionne encore plus. La mort n'a pas encore croisé ma route, je ne la saisis pas. Je finis par questionner ma mère. Et elle m'explique. Et me parle d’égalité des sexes et de femmes qui payent injustement de leur vie. Et dans ma tête, je suis devenue féministe. Bon, pas dans ces mots-là à ce moment-là... je n’ai pas encore lu Beauvoir ni tout ce que je lirai plus tard, mais depuis quelques jours, je lis en cachette Jamais sans ma fille. Ma mère l’a emprunté à la bibliothèque mais m’a interdit de le lire. Je suis docile, mais pas pour les livres. Je me rappelle très bien avoir comparé les deux situations et m’être dit que c’était injuste qu’une femme meurt ou soit maltraitée parce qu’elle était une femme. Après cette discussion, j’ai probablement lu en soupant pendant que me mère me disait de lâcher mon livre et d’aller ensuite ranger ma chambre… ce que j’ai probablement fait en lisant et en poussant mes choses sous le lit. Et je me suis probablement endormie en écoutant ma cassette de New Kids on the Block dans mon gros walkman jaune fake.
11 septembre:
J’étudie à l’UQAM où j’entame la troisième année de mon baccalauréat en enseignement. Je travaille dans une épicerie pour payer mes études et je date Étienne, un comptable tatoué de partout et très versé dans le heavy metal. Rien de sérieux, on regarde des films et on baise dans son immense 6 1/2 à peine meublé. J’habite toujours chez ma mère, mais je viens de m’installer plutôt confortablement au sous-sol : semblant d’autonomie. Je lis les existentialistes, les féministes et les beatniks et j’écoute mes cd de vieux chanteurs français sur mon discman. Mon moral n’est pas très fort. Je combats une dépression «post-suicide de mon frère» que j’ignore de toutes mes forces. Ce jour-là, je suis assise dans mon cours d’histoire des États-Unis donné par Donald Cuccioletta qui, depuis deux semaines, nous répète que si les États-Unis ne changent pas certaines de leurs politiques étrangères bientôt, ils devront s’attendre à des attaques terroristes. On a à peine commencé le cours. Quelqu’un arrive en retard et annonce la nouvelle. On ne sait pas trop ce qui se passe. On poursuit un peu le cours et on finit par aller regarder la télé au Grimoire. On voit les tours s’écraser. Je n’oublierai jamais cette journée ni le soulagement sur le visage de ma mère - qui paniquait depuis l’avant-midi et n’arrivait pas à me joindre sur mon cellulaire - lorsque je suis rentrée ce soir-là.
Aujourd’hui:
J’ai 29 ans, presque 30. Je suis toujours aux études, je travaille comme une malade, je procrastine à souhait, je bois trop de café et je partage un appartement avec un ami. Je serai éventuellement une candidate au post-graduate syndrome, je sais. Je lis surtout des articles scientifiques, un peu de poésie - jamais abandonné mes beatniks – et tout ce qui me tombe sous la main, mais je suis difficile. J’ai commencé à lire des livres électroniques - agréables dans les transports. J’achète ma musique au gré de mes humeurs directement sur internet et l’écoute sur mon iPhone ou mon MacBook Pro allumé en permanence. J’ai des projets plein la tête: je pars pour l’Afrique dans quelques semaines. Pour la deuxième fois. Je pense souvent aux recherches que j’ai envie de faire quand j’aurai un papier qui me dira que je qualifiée pour en faire par moi-même. Célibataire sans enfant et presque sans horaire, je cherche de plus en plus ma place dans un groupe d’amis de plus en plus casés, installés, hypothéqués et reproduits. Je sais ce que je voudrais comme vie dans ma tête, mais je ne sais pas encore si je vais trouver un homme qui a le même rêve que moi. Je n’ai jamais fait les choses comme les autres, mais je ne m’en porte pas plus mal. Je suis encore en définition… et ça fait un peu paniquer ma mère. Mais bon, ce n'est pas nouveau.
dimanche 6 décembre 2009
Constation No 2
Ce soir, c'était le dernier.
C'est fini, je ne veux plus rien savoir.
Plus capable d'encaisser les échecs. Les doutes. Les remises en question. Les rejets.
Je vais vivre sans vous les hommes.
C'est fini, je ne veux plus rien savoir.
Plus capable d'encaisser les échecs. Les doutes. Les remises en question. Les rejets.
Je vais vivre sans vous les hommes.
samedi 5 décembre 2009
Constation No 1
De la qualité, pas de la quantité.
C'est ma résolution pour ma troisième décennie que je vois se profiler à l'horizon.
Et c'est commencé.
C'est ma résolution pour ma troisième décennie que je vois se profiler à l'horizon.
Et c'est commencé.
dimanche 29 novembre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Intérieur, après-midi gris
Amélie broie des idées noires. Encore.
Ça pèse sur ses épaules. Ça plie son cou. Ça fait trembler ses jambes. Ça cerne ses yeux.
Novembre est sur le point de partir. Enfin.
Amélie aussi. Pas tout de suite, mais bientôt. Enfin. L'appel de l'Afrique a encore retenti. Et Amélie a répondu.
Oui, Amélie le sait. C'est problématique quand la solution réside dans la fuite.
Mais pour l'instant, c'est ce qui a le plus de sens.
Amélie broie des idées noires. Encore.
Ça pèse sur ses épaules. Ça plie son cou. Ça fait trembler ses jambes. Ça cerne ses yeux.
Novembre est sur le point de partir. Enfin.
Amélie aussi. Pas tout de suite, mais bientôt. Enfin. L'appel de l'Afrique a encore retenti. Et Amélie a répondu.
Oui, Amélie le sait. C'est problématique quand la solution réside dans la fuite.
Mais pour l'instant, c'est ce qui a le plus de sens.
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voyage
jeudi 12 novembre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Intérieur, de soir
Amélie joue avec son nouveau Google Wave. Gracieuseté d'un ancien élève. Faut croire qu'elle en a marqué quelques-uns suffisamment pour qu'on lui fasse ce cadeau. Et comme il n'y a personne là-dessus encore, elle joue toute seule. Elle donne un côté ludique à une recension d'écrits qu'elle doit faire. Attention à la vague! Youhou!
* délire passager et profondément geek*
Et entre quelques mots-clés dans une base de données, elle écrit quelques pages de son mémoire.
Amélie a une vie vraiment plate ces temps-ci:
L'Économiste est à Vancouver.
Le Neuroscientifique est à Toronto.
L'Algérien, une vieille histoire qui remonte à la surface, est malade.
Le Revenant du secondaire est beaucoup trop pragmatique et cartésien. Amélie n'aime pas qu'on lui dise ce qu'on va lui faire. Elle est adepte de la technique «Do it, shut up and enjoy!»
Reste le DJ new-yorkais...
Ouais, Amélie va probablement le texter entre quelques pages de mémoire et quelques mots-clés dans une base de données.
Amélie joue avec son nouveau Google Wave. Gracieuseté d'un ancien élève. Faut croire qu'elle en a marqué quelques-uns suffisamment pour qu'on lui fasse ce cadeau. Et comme il n'y a personne là-dessus encore, elle joue toute seule. Elle donne un côté ludique à une recension d'écrits qu'elle doit faire. Attention à la vague! Youhou!
* délire passager et profondément geek*
Et entre quelques mots-clés dans une base de données, elle écrit quelques pages de son mémoire.
Amélie a une vie vraiment plate ces temps-ci:
L'Économiste est à Vancouver.
Le Neuroscientifique est à Toronto.
L'Algérien, une vieille histoire qui remonte à la surface, est malade.
Le Revenant du secondaire est beaucoup trop pragmatique et cartésien. Amélie n'aime pas qu'on lui dise ce qu'on va lui faire. Elle est adepte de la technique «Do it, shut up and enjoy!»
Reste le DJ new-yorkais...
Ouais, Amélie va probablement le texter entre quelques pages de mémoire et quelques mots-clés dans une base de données.
mardi 10 novembre 2009
Question(s) existentielle(s) No.9
Pourquoi est-ce que ce que certains voient comme un privilège, je le vois, moi, comme une malédiction?
Pourquoi est-ce que quand je pense à quelqu'un en disant «c'est bon, c'est fini» dans ma tête, ce quelqu'un «poppe»?
Pourquoi est-ce que quand je pense à quelqu'un en disant «appelle!» dans ma tête, le téléphone reste muet?
Pourquoi est-ce que le gars ne me l'a pas dit AVANT qu'il m'avait reconnue et qu'on allait au secondaire ensemble? Parce qu'APRÈS, c'est weird et inconfortable. Et que tu as hâte qu'il s'habille et s'en aille.
Pourquoi est-ce qu'en novembre, j'ai systématiquement «mes lunettes de marde»? Novembre, c'est un bon mois pour être négative. Et pour voler les expressions des autres.
Au moins, j'ai un super projet encore top-secret qui s'en vient.
AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!
*Oui, oui, c'était un cri primal lancé dans le cyber-espace. Ça fait du bien des fois. Ça règle rien, mais ça fait du bien.*
Pourquoi est-ce que quand je pense à quelqu'un en disant «c'est bon, c'est fini» dans ma tête, ce quelqu'un «poppe»?
Pourquoi est-ce que quand je pense à quelqu'un en disant «appelle!» dans ma tête, le téléphone reste muet?
Pourquoi est-ce que le gars ne me l'a pas dit AVANT qu'il m'avait reconnue et qu'on allait au secondaire ensemble? Parce qu'APRÈS, c'est weird et inconfortable. Et que tu as hâte qu'il s'habille et s'en aille.
Pourquoi est-ce qu'en novembre, j'ai systématiquement «mes lunettes de marde»? Novembre, c'est un bon mois pour être négative. Et pour voler les expressions des autres.
Au moins, j'ai un super projet encore top-secret qui s'en vient.
AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!
*Oui, oui, c'était un cri primal lancé dans le cyber-espace. Ça fait du bien des fois. Ça règle rien, mais ça fait du bien.*
jeudi 29 octobre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de jour
Amélie a passé une belle soirée hier. Il y avait des jongleurs et des cracheurs de feu sur l'esplanade de la Place des Arts. Mais Amélie et l'Économiste n'y sont pas restés parce que la musique était franchement plate. Ils sont plutôt entrés au Musée d'art contemporain. L'expo temporaire était de qualité inégale, mais ce genre de visite offre une myriade de possibilités:
1- se prendre la main sans être trop artificiel ou forcé.
Économiste: Non, pas de ce côté, il n'y a rien (Il prend la main d'Amélie).
Amélie: Viens, on change de salle (Elle prend la main de l'Économiste).
2- frencher dans la salle de projection.
Amélie: C'est drôle les images, on dirait...
Économiste: Tu disais quoi?
Amélie: Les deux images, on dirait...
Économiste: On dirait quoi?
Amélie: C'est plus dur de finir mes phrases avec ta langue dans ma bou...
Économiste: Ma langue où?
3- rire de la cinquantaine d'étudiants trop hipsters qui prennent des notes et répondent à des questionnaires.
Amélie: J'espère que tu as pensé à prendre ton cahier de notes.
Économiste: Nope!
Amélie: Tut tut! (lui flatte le bras...humm, muscles)
Économiste: No need. It's all in my head. You can test me later (petite léchouille d'oreille). I'll score high. Promess.
Ce matin, Amélie est crevée, porte les mêmes vêtements qu'hier et ses cheveux vont être une catastrophe. Mais, pour déjeuner, elle a mangé de la croustade aux pommes faite par l'Économiste lui-même. Ça compense pour quelques désagréments.
Économiste: Tiens (sort le plat du four).
Amélie: T'as fait de la croustade (sourire en coin)?
Économiste: Ben oui, c'est pas difficile (air vaguement offensé). Je vais sous la douche vite fait.
Et Amélie l'a regardé entrer dans la douche en se disant qu'il avait certainement trouvé une bonne tactique pour impressionner une fille. Ça promet.
Amélie a passé une belle soirée hier. Il y avait des jongleurs et des cracheurs de feu sur l'esplanade de la Place des Arts. Mais Amélie et l'Économiste n'y sont pas restés parce que la musique était franchement plate. Ils sont plutôt entrés au Musée d'art contemporain. L'expo temporaire était de qualité inégale, mais ce genre de visite offre une myriade de possibilités:
1- se prendre la main sans être trop artificiel ou forcé.
Économiste: Non, pas de ce côté, il n'y a rien (Il prend la main d'Amélie).
Amélie: Viens, on change de salle (Elle prend la main de l'Économiste).
2- frencher dans la salle de projection.
Amélie: C'est drôle les images, on dirait...
Économiste: Tu disais quoi?
Amélie: Les deux images, on dirait...
Économiste: On dirait quoi?
Amélie: C'est plus dur de finir mes phrases avec ta langue dans ma bou...
Économiste: Ma langue où?
3- rire de la cinquantaine d'étudiants trop hipsters qui prennent des notes et répondent à des questionnaires.
Amélie: J'espère que tu as pensé à prendre ton cahier de notes.
Économiste: Nope!
Amélie: Tut tut! (lui flatte le bras...humm, muscles)
Économiste: No need. It's all in my head. You can test me later (petite léchouille d'oreille). I'll score high. Promess.
Ce matin, Amélie est crevée, porte les mêmes vêtements qu'hier et ses cheveux vont être une catastrophe. Mais, pour déjeuner, elle a mangé de la croustade aux pommes faite par l'Économiste lui-même. Ça compense pour quelques désagréments.
Économiste: Tiens (sort le plat du four).
Amélie: T'as fait de la croustade (sourire en coin)?
Économiste: Ben oui, c'est pas difficile (air vaguement offensé). Je vais sous la douche vite fait.
Et Amélie l'a regardé entrer dans la douche en se disant qu'il avait certainement trouvé une bonne tactique pour impressionner une fille. Ça promet.
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bonheur,
épisodes,
équilibre,
existence,
expériences,
too much alcool on a weekday
mardi 27 octobre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de jour
Amélie est sous la douche. C'est son endroit de prédilection pour réfléchir. Ses décisions importantes, c'est sous le chaud jet de la douche qu'elle les prend.
Amélie fait un bilan des derniers jours, des dernières semaines, des derniers mois. Elle a beaucoup parlé et s'est beaucoup tue. Mais surtout, elle a aimé. Elle a aimé comme jamais pendant les 12 derniers mois. L'Écossais, le Musicien, le Neuroscientifique. Elle a aussi beaucoup «daté». Le Géographe, l'Australien, l'Ontarien, l'autre Neuroscientifique. Elle en oublie probablement.
Amélie a grandi. Amélie a appris à se connaître. À travers ces hommes, elle a décoré des zones qu'elle croyait détruites. Elle a ouvert des portes qu'elle croyait scellées.
L'amour a occupé une grande partie de ses pensées et de son temps. Au détriment du reste mais en faveur de sa psyché. Peu importe l'avenir, Amélie sait qu'elle peut exister sans se déguiser. Même si elle n'est pas l'élue de l'homme. Même si l'homme ne tient pas ses promesses. Même si le travail de l'homme le transporte ailleurs.
L'eau coule sur son corps. Chaude et rassurante. Rassurante d'un sourire. Rassurante d'un baiser trop long qui coupe le souffle. Rassurante d'une caresse à la fois entreprenante et timide. Rassurante de quelques mots chuchotés. Rassurante d'un regard protecteur.
Amélie peut exister sans se déguiser.
L'Économiste vient d'entrer en piste.
Amélie est sous la douche. C'est son endroit de prédilection pour réfléchir. Ses décisions importantes, c'est sous le chaud jet de la douche qu'elle les prend.
Amélie fait un bilan des derniers jours, des dernières semaines, des derniers mois. Elle a beaucoup parlé et s'est beaucoup tue. Mais surtout, elle a aimé. Elle a aimé comme jamais pendant les 12 derniers mois. L'Écossais, le Musicien, le Neuroscientifique. Elle a aussi beaucoup «daté». Le Géographe, l'Australien, l'Ontarien, l'autre Neuroscientifique. Elle en oublie probablement.
Amélie a grandi. Amélie a appris à se connaître. À travers ces hommes, elle a décoré des zones qu'elle croyait détruites. Elle a ouvert des portes qu'elle croyait scellées.
L'amour a occupé une grande partie de ses pensées et de son temps. Au détriment du reste mais en faveur de sa psyché. Peu importe l'avenir, Amélie sait qu'elle peut exister sans se déguiser. Même si elle n'est pas l'élue de l'homme. Même si l'homme ne tient pas ses promesses. Même si le travail de l'homme le transporte ailleurs.
L'eau coule sur son corps. Chaude et rassurante. Rassurante d'un sourire. Rassurante d'un baiser trop long qui coupe le souffle. Rassurante d'une caresse à la fois entreprenante et timide. Rassurante de quelques mots chuchotés. Rassurante d'un regard protecteur.
Amélie peut exister sans se déguiser.
L'Économiste vient d'entrer en piste.
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dimanche 18 octobre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de jour
Amélie vit un dimanche automnal paresseux. Elle est assise sur son lit, la table de lit tirée vers elle. Ses pieds sont un peu froids malgré la couette mauve en boule. Une pile d'oreillers entassés derrière son dos. Sur la table, il y a un portable, une tasse à café, du papier et des crayons. Ça fait du bien.
Amélie a une «date» ce soir. Avec un autre neuroscientifique. Parce que le premier la fait un peu attendre. Et que le deuxième lui est un peu tombé dessus dans les cyber-méandres de la vie. Amélie se demande si c'est éthique. Mais Amélie a besoin d'amour à l'automne. Limite pathétique.
Et le pathétique l'emporte toujours sur l'éthique. Toujours. Amélie est faible.
Amélie vit un dimanche automnal paresseux. Elle est assise sur son lit, la table de lit tirée vers elle. Ses pieds sont un peu froids malgré la couette mauve en boule. Une pile d'oreillers entassés derrière son dos. Sur la table, il y a un portable, une tasse à café, du papier et des crayons. Ça fait du bien.
Amélie a une «date» ce soir. Avec un autre neuroscientifique. Parce que le premier la fait un peu attendre. Et que le deuxième lui est un peu tombé dessus dans les cyber-méandres de la vie. Amélie se demande si c'est éthique. Mais Amélie a besoin d'amour à l'automne. Limite pathétique.
Et le pathétique l'emporte toujours sur l'éthique. Toujours. Amélie est faible.
samedi 17 octobre 2009
Dans l'épisode d'hier...
Intérieur, de soir
Amélie raccroche le téléphone.
Amélie boit quelques gorgées d'un vin rouge qu'elle n'a pas acheté.
Amélie a eu une conversation émotionnellement adulte avec un homme aussi peu émotionnellement adulte qu'elle.
Elle a nommé des sentiments. Elle a énoncé des cadres à l'intérieur desquels elle est à l'aise. Sans fléchir.
Amélie t'avertit: mercredi, c'est ton deadline.
Amélie raccroche le téléphone.
Amélie boit quelques gorgées d'un vin rouge qu'elle n'a pas acheté.
Amélie a eu une conversation émotionnellement adulte avec un homme aussi peu émotionnellement adulte qu'elle.
Elle a nommé des sentiments. Elle a énoncé des cadres à l'intérieur desquels elle est à l'aise. Sans fléchir.
Amélie t'avertit: mercredi, c'est ton deadline.
mercredi 30 septembre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de soir, il fait froid dehors
L'automne est clairement de retour. Amélie, pas de manteau sur le dos, l'a bien senti aujourd'hui. Les dernières semaines ont été intenses. Positivement intenses, mais intenses tout de même. C'est qu'Amélie prépare son inscription au doctorat. Et du coup, les demandes de bourses pour ledit doctorat. C'est exigeant une demande de bourse gouvernementale. Payant si on l'obtient, mais exigeant à remplir. Amélie a présentement consacré 28 heures à la chose et ce n'est pas encore terminé. Mais aujourd'hui, un pas important a été franchi: les lettres de référence sont sur le point d'être remplies. Et tout le projet de recherche qu'elle compte soumettre est complet. Amélie est fière d'elle-même. Angoissée et terrorisée (son mal de dos lancinant le lui rappelle à chaque mouvement) devant cette aventure, mais fière d'elle-même!
Amélie voit toujours le neuroscientifique. Cette relation tout sauf définie lui cause bien quelques épisodes d'angoisse (tiens, le mal de dos, encore?), lui rappelle à l'occasion that she should NOT drink and text, mais il y a des choses qui s'installent. Tranquillement, à leur rythme. La nature masculine persiste à échapper à Amélie, sur plusieurs points. Une chance que son merveilleux cercle d'amis lui fournit à l'occasion certaines réponses. Amélie aime ses amis.
L'automne est clairement de retour. Amélie, pas de manteau sur le dos, l'a bien senti aujourd'hui. Les dernières semaines ont été intenses. Positivement intenses, mais intenses tout de même. C'est qu'Amélie prépare son inscription au doctorat. Et du coup, les demandes de bourses pour ledit doctorat. C'est exigeant une demande de bourse gouvernementale. Payant si on l'obtient, mais exigeant à remplir. Amélie a présentement consacré 28 heures à la chose et ce n'est pas encore terminé. Mais aujourd'hui, un pas important a été franchi: les lettres de référence sont sur le point d'être remplies. Et tout le projet de recherche qu'elle compte soumettre est complet. Amélie est fière d'elle-même. Angoissée et terrorisée (son mal de dos lancinant le lui rappelle à chaque mouvement) devant cette aventure, mais fière d'elle-même!
Amélie voit toujours le neuroscientifique. Cette relation tout sauf définie lui cause bien quelques épisodes d'angoisse (tiens, le mal de dos, encore?), lui rappelle à l'occasion that she should NOT drink and text, mais il y a des choses qui s'installent. Tranquillement, à leur rythme. La nature masculine persiste à échapper à Amélie, sur plusieurs points. Une chance que son merveilleux cercle d'amis lui fournit à l'occasion certaines réponses. Amélie aime ses amis.
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dimanche 16 août 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de jour
Amélie mangerait des sushis dans le lit du neuroscientifique. Mais pour ça, il faudrait qu'il l'appelle.
En attendant, elle compile des données, analyse des résultats, réfléchit aux causes et aux conséquences, se questionne sur les répercussions, lit des textes abscons sur la fidélité interjuges et écrit des paragraphes qui se veulent clairs.
En écoutant du Radiohead.
Amélie va en venir à bout de son mémoire de maîtrise.
Mais d'ici à ce que ce jour mythique arrive, elle mangerait bien des sushis dans le lit du neuroscientifique. Mais pour ça, il faudrait bien qu'il la rappelle.
Et pour ça, il faudrait qu'il soit moins occupé.
Et Amélie se dit que c'est incroyable qu'elle ait rencontré quelqu'un encore plus occupé qu'elle.
Amélie mangerait des sushis dans le lit du neuroscientifique. Mais pour ça, il faudrait qu'il l'appelle.
En attendant, elle compile des données, analyse des résultats, réfléchit aux causes et aux conséquences, se questionne sur les répercussions, lit des textes abscons sur la fidélité interjuges et écrit des paragraphes qui se veulent clairs.
En écoutant du Radiohead.
Amélie va en venir à bout de son mémoire de maîtrise.
Mais d'ici à ce que ce jour mythique arrive, elle mangerait bien des sushis dans le lit du neuroscientifique. Mais pour ça, il faudrait bien qu'il la rappelle.
Et pour ça, il faudrait qu'il soit moins occupé.
Et Amélie se dit que c'est incroyable qu'elle ait rencontré quelqu'un encore plus occupé qu'elle.
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dimanche 26 juillet 2009
Question(s) existentielle(s) No.9
Quand tu vis ta crise d'adolescence à presque 30 ans, que se passe-t-il avec ta crise de la quarantaine?
Et avec tes démons du midi de la cinquantaine?
Et avec tes démons du midi de la cinquantaine?
vendredi 24 juillet 2009
Saison 1993 - Épisode 1 Celui où Amélie apprend l'anglais
Intérieur, un soir de février
Amélie est en première secondaire. Dans une école de haut calibre. Où ca joue dure entre adolescents surdoués, doués ou tout simplement plus forts que la moyenne. Amélie se classe dans la catégories des doués. Pas vraiment d'efforts à fournir dans plusieurs matières pour «clancher» solidement les juste «plus forts», mais du travail est nécessaire ailleurs, ce qui n'est pas le cas des surdoués. En maths par exemple. Elle a beau avoir des notes acceptables dans les 80%, reste que si elle prend du retard, c'est sûr qu'elle va éventuellement pleurer sur un exercice rebutant rendue à la maison. Amélie est foncièrement «braillarde». Elle n'accepte pas encore cet état de fait, ce n'est qu'à l'âge adulte que ça se fera...et qu'elle apprendra à se contrôler...à son grand bonheur.
Outre les maths, le problème d'Amélie, c'est l'anglais. Pourtant, elle adore ses cours, elle aime ça apprendre une nouvelle langue, une nouvelle grammaire, de nouveaux mots. Mais ça bloque à l'oral. Amélie se trouve «poche»: tous les autres parlent mieux qu'elle, tous les autres regardent et comprennent la télé en anglais, tous les autres pratiquent avec leurs parents. Mais surtout, les autres ne disent pas «tent» quand ils parlent de leur «tante». Les autres, ils ne s'humilient pas publiquement. Mais la mère d'Amélie ne parle pas un mot d'anglais et son père, bien, son père s'est éloigné depuis longtemps et elle est presque certaine qu'il ne parle pas plus que sa mère.
Et donc, Amélie braille parce qu'elle n'est pas bonne en anglais. Amélie braille parce que sa prof parle juste en anglais et qu'elle ne comprend pas toujours. Amélie braille parce que, des fois, si ses amies ne lui chuchotent pas en français ce qu'il faut faire, elle doit user de stratégies pour ne pas avoir l'air dinde devant la prof. Bref, Amélie braille à la maison chaque fois qu'elle a un cours d'anglais durant la journée.
Ce soir, Amélie fête ses 13 ans. Étonnamment, son père lui a fait parvenir un cadeau. Le seul depuis le divorce de ses parents. Le seul qu'elle aura du reste de sa vie. Le cadeau, c'est de l'argent. L'argent qui permettra à Amélie de prendre part au voyage scolaire. Le seul qu'elle fera de son secondaire. Une semaine en Alabama, au Space Academy Center. Une semaine à jouer à l'astronaute, à expérimenter l'apesanteur, à téléguider une réplique du bras canadien, à apprendre à conduire une navette spatiale, à enfiler un vrai costume d'astronaute, à suivre des cours d'astronomie. Mais surtout, une semaine où les communications devront se passer uniquement en anglais. Une semaine où tous les participants francophones s'engagent à ne parler qu'en anglais, même entre eux.
Une semaine inoubliable.
Une semaine où, enfin, le blocage d'Amélie est parti.
Une semaine après laquelle, en classe, elle n'avait plus besoin de ses amies, parce qu'il faut bien le dire, sa prof articule pas mal plus que les Alabamiens.
Une semaine après laquelle, au retour de l'école, Amélie suit religieusement «Fresh Prince of Bel Air» en comprenant les blagues douteuses de Will Smith.
Amélie n'est jamais devenue complètement bilingue, mais 16 ans plus tard, dans sa vie amoureuse, c'est souvent en anglais que ça se passe.
Amélie est un peu réticente devant cette idée, mais 16 ans plus tard, elle se doit de remercier son père pour cet unique cadeau de fête.
Amélie est en première secondaire. Dans une école de haut calibre. Où ca joue dure entre adolescents surdoués, doués ou tout simplement plus forts que la moyenne. Amélie se classe dans la catégories des doués. Pas vraiment d'efforts à fournir dans plusieurs matières pour «clancher» solidement les juste «plus forts», mais du travail est nécessaire ailleurs, ce qui n'est pas le cas des surdoués. En maths par exemple. Elle a beau avoir des notes acceptables dans les 80%, reste que si elle prend du retard, c'est sûr qu'elle va éventuellement pleurer sur un exercice rebutant rendue à la maison. Amélie est foncièrement «braillarde». Elle n'accepte pas encore cet état de fait, ce n'est qu'à l'âge adulte que ça se fera...et qu'elle apprendra à se contrôler...à son grand bonheur.
Outre les maths, le problème d'Amélie, c'est l'anglais. Pourtant, elle adore ses cours, elle aime ça apprendre une nouvelle langue, une nouvelle grammaire, de nouveaux mots. Mais ça bloque à l'oral. Amélie se trouve «poche»: tous les autres parlent mieux qu'elle, tous les autres regardent et comprennent la télé en anglais, tous les autres pratiquent avec leurs parents. Mais surtout, les autres ne disent pas «tent» quand ils parlent de leur «tante». Les autres, ils ne s'humilient pas publiquement. Mais la mère d'Amélie ne parle pas un mot d'anglais et son père, bien, son père s'est éloigné depuis longtemps et elle est presque certaine qu'il ne parle pas plus que sa mère.
Et donc, Amélie braille parce qu'elle n'est pas bonne en anglais. Amélie braille parce que sa prof parle juste en anglais et qu'elle ne comprend pas toujours. Amélie braille parce que, des fois, si ses amies ne lui chuchotent pas en français ce qu'il faut faire, elle doit user de stratégies pour ne pas avoir l'air dinde devant la prof. Bref, Amélie braille à la maison chaque fois qu'elle a un cours d'anglais durant la journée.
Ce soir, Amélie fête ses 13 ans. Étonnamment, son père lui a fait parvenir un cadeau. Le seul depuis le divorce de ses parents. Le seul qu'elle aura du reste de sa vie. Le cadeau, c'est de l'argent. L'argent qui permettra à Amélie de prendre part au voyage scolaire. Le seul qu'elle fera de son secondaire. Une semaine en Alabama, au Space Academy Center. Une semaine à jouer à l'astronaute, à expérimenter l'apesanteur, à téléguider une réplique du bras canadien, à apprendre à conduire une navette spatiale, à enfiler un vrai costume d'astronaute, à suivre des cours d'astronomie. Mais surtout, une semaine où les communications devront se passer uniquement en anglais. Une semaine où tous les participants francophones s'engagent à ne parler qu'en anglais, même entre eux.
Une semaine inoubliable.
Une semaine où, enfin, le blocage d'Amélie est parti.
Une semaine après laquelle, en classe, elle n'avait plus besoin de ses amies, parce qu'il faut bien le dire, sa prof articule pas mal plus que les Alabamiens.
Une semaine après laquelle, au retour de l'école, Amélie suit religieusement «Fresh Prince of Bel Air» en comprenant les blagues douteuses de Will Smith.
Amélie n'est jamais devenue complètement bilingue, mais 16 ans plus tard, dans sa vie amoureuse, c'est souvent en anglais que ça se passe.
Amélie est un peu réticente devant cette idée, mais 16 ans plus tard, elle se doit de remercier son père pour cet unique cadeau de fête.
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