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lundi 3 mai 2010

Constation No 3

Quand toutes tes nombreuses amies de ton âge sont mariées et/ou propriétaires et/ou mères ou tout ça en même temps, ça te remet en pleine face ton adulescence.

Paffff!

Et moi qui m'embarque dans un autre quatre ans de vie d'étudiante simili-fauchée.

Tu veux faire un doctorat Amélie? Tu l'as eu ta bourse tant convoitée? Ben assume.

C'est ce que je me dis ce soir.

mardi 10 novembre 2009

Question(s) existentielle(s) No.9

Pourquoi est-ce que ce que certains voient comme un privilège, je le vois, moi, comme une malédiction?

Pourquoi est-ce que quand je pense à quelqu'un en disant «c'est bon, c'est fini» dans ma tête, ce quelqu'un «poppe»?


Pourquoi est-ce que quand je pense à quelqu'un en disant «appelle!» dans ma tête, le téléphone reste muet?

Pourquoi est-ce que le gars ne me l'a pas dit AVANT qu'il m'avait reconnue et qu'on allait au secondaire ensemble? Parce qu'APRÈS, c'est weird et inconfortable. Et que tu as hâte qu'il s'habille et s'en aille.

Pourquoi est-ce qu'en novembre, j'ai systématiquement «mes lunettes de marde»? Novembre, c'est un bon mois pour être négative. Et pour voler les expressions des autres.


Au moins, j'ai un super projet encore top-secret qui s'en vient.

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!

*Oui, oui, c'était un cri primal lancé dans le cyber-espace. Ça fait du bien des fois. Ça règle rien, mais ça fait du bien.*

mercredi 30 septembre 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir, il fait froid dehors

L'automne est clairement de retour. Amélie, pas de manteau sur le dos, l'a bien senti aujourd'hui. Les dernières semaines ont été intenses. Positivement intenses, mais intenses tout de même. C'est qu'Amélie prépare son inscription au doctorat. Et du coup, les demandes de bourses pour ledit doctorat. C'est exigeant une demande de bourse gouvernementale. Payant si on l'obtient, mais exigeant à remplir. Amélie a présentement consacré 28 heures à la chose et ce n'est pas encore terminé. Mais aujourd'hui, un pas important a été franchi: les lettres de référence sont sur le point d'être remplies. Et tout le projet de recherche qu'elle compte soumettre est complet. Amélie est fière d'elle-même. Angoissée et terrorisée (son mal de dos lancinant le lui rappelle à chaque mouvement) devant cette aventure, mais fière d'elle-même!

Amélie voit toujours le neuroscientifique. Cette relation tout sauf définie lui cause bien quelques épisodes d'angoisse (tiens, le mal de dos, encore?), lui rappelle à l'occasion that she should NOT drink and text, mais il y a des choses qui s'installent. Tranquillement, à leur rythme. La nature masculine persiste à échapper à Amélie, sur plusieurs points. Une chance que son merveilleux cercle d'amis lui fournit à l'occasion certaines réponses. Amélie aime ses amis.

mercredi 10 juin 2009

Dans l'épisode d'hier...

Intérieur, de soir

Amélie se dit qu'elle parle trop.

Et elle s'endort sur le fauteuil.

Amélie, en fait, ne dit rien.

Et elle va se coucher dans son lit.

Quel endroit merveilleux.

samedi 18 avril 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de jour

Amélie corrige les travaux de ses étudiants en écoutant l'album
Hélène de Rock Voisine. Son coloc, en faisant du ménage, a mis la main sur cette vieille cassette.

C'est la première cassette qu'Amélie a achetée avec son argent. Ça fait longtemps. Des tonnes de souvenirs ressurgissent.

Amélie vit un beau samedi matin.

jeudi 16 avril 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de jour

Amélie rigole. Elle vient de recevoir une carte postale. En provenance du Mexique. Une carte postée le 20 décembre 2008 dans laquelle une amie lui souhaite Joyeux Noël et Bonne Année.

Efficace service postal!

jeudi 9 avril 2009

Saison 1999 - Épisode 1 Celui où Amélie est dramaturge

Intérieur, de soir

Amélie en a un peu marre. Depuis la mort de son frère, les amis qui l’entourent, et même son amoureux, l’entourent justement un peu trop. Elle étouffe. Elle ne le sait pas vraiment, n’arrive pas à identifier ce sentiment. Même s'il est maintenant omniprésent.

Les derniers mois, au cours desquels elle est rapidement devenue adulte, lui reviennent en mémoire. L’annonce de la mort. Le grand et profond choc vécu par sa mère. L’identification à la morgue. Les démarches pour le salon funéraire. Le rassemblement pour l’enterrement. Moments à la fois flous, tellement flous. Mais surtout difficiles, aussi difficiles que d’avoir du sable dans les yeux. Du sable en permanence dans les yeux.

Mais aujourd’hui, les choses changent. Amélie remédie à la pitié ambiante. Amélie reprend possession de sa vie. De ses émotions. De son deuil. De sa douleur. Amélie «communique», «exprime» et «partage» ce qu’elle ressent.

Sur la petite scène du théâtre du cégep qu’elle fréquente, la pièce écrite par Amélie est jouée. Son projet de fin d’études. Ses émotions. Son deuil. Sa douleur.

Son amoureux est dans la salle, spécialement venu de Boston pour l’occasion. Ses amis y sont également. Pas sa mère. Sa mère qui passe encore ses journées en pyjama entre le fauteuil du salon et sa chambre. Jamais très longtemps éveillée. Jamais très longtemps endormie.

Et son rouge. Le rouge fort, puissant et déstabilisant du sang sur l’affiche annonçant le spectacle:

La Mort dans l’art.

Projet de fin d’études en théâtre d’Amélie


Et leur silence. Le silence fort, puissant et déstabilisant de la mort sur scène. De la douleur sur scène.


Catharsis des sens.

Expectorant de l’âme.

Anesthésiant de la douleur.

D'une douleur qu’Amélie traîne encore, oh! pas tous les jours, mais quand même…

Ça arrive à l'occasion.

mercredi 11 mars 2009

Saison 2008 - Épisode 5 Celui où Colin kissed Amélie goodbye...deuxième partie

Intérieur, de soir

La soirée continue. La bière, les mojitos, les cigarettes, la musique, les come here kiss me...

Jusqu'à minuit. Amélie vient de regarder sa montre. Tout juste minuit. Elle est crevée. Mais elle préfère rester. Quelques heures volées de plus ou de moins...

Colin s'asseoit au bar. Amélie parle un peu avec un Français qui, s'il n'est pas sur le speed ou la coke, a clairement besoin de Ritalin. Colin la regarde du coin de l'oeil. Elle va le rejoindre. Se place devant lui, entre ses jambes, la tête dans son cou qui sent si bon. Il entoure sa taille, ses mains sous son chandail. Amélie est bien. Mais Colin parle.


Colin: We won't go to Mauritius. You're gonna hate me.

Amélie relève la tête. Silence.
Colin: I got caught by you. Gosh, you're great. You're bloody hell fantastic. But we can't be.
Silence.
Colin: You're not talking.

Silence.
Colin: We need to be friends. Just friends.
Silence.
Colin: Say something.

Silence.

Colin: Fuck, Amélie, I got a girlfriend in London... I couldn't bring myself to tell you before.

Silence.

Colin: Now, you hate me. And you're mad.
Silence.

Colin: Come on, say something.
Silence.
Silence.
Silence.

Amélie: I don't hate you. And I'm not mad. If I was to hate you, I would have thrown my mojito in your face right after your second sentence and already left the place.

Colin: Go on. Il lui tend son verre de bière. That's all I deserve.

Amélie: I won't. You should have told me right from the start.
Regard piteux de Colin.

I., près de l'état d'ébriété, s'approche d'Amélie et lui tape, ma foi violemment, sur l'épaule : Yo, chiquita, c'est quoi mon numéro de cell déjà?


Amélie lui donne son numéro. Des numéros à 14 chiffres, c'est dur à se rappeler. I. retourne danser. Elle n'a rien vu.

Rudy, l'ami-collègue de Colin, s'approche. Il regarde Amélie qui se dit à elle-même qu'il sait ce qui vient de se passer.


Rudy: Buddy, we need to go: 8am meeting tomorrow. The driver's downstairs. Amélie, do you need a lift?

Amélie: No thanks, I got my own driver you know? Except that, at night, I prefer to take cabs, because I like to know that my driver can spend some time with his family, you know, and not drive around white-full-of-cash-loosers to every bar in Tana.
Rudy: Jeez! Relax woman...


Colin: I knew you were mad...

Amélie: I'm not mad! I'm...I don't know how to say it in English. Je suis déçue. Je suis tellement déçue. Je le savais dans le fond, je le savais tellement. Dès le début, je le savais. Crisse, je le savais.

Colin: What means «savais»?

Amélie: You know what, I was so sure we were meant to be. We «fitted» right, you know. Was it all in my head?
Colin: No. No. No. We fit. For real. We fit. We fitted right from the start.
Silence.
Colin: But I can't. She's in London... ... ... ... Can I kiss you... please?

Amélie s'approche et se laisse embrasser. Et malgré toute la volonté qu'elle possède, elle ne peut s'empêcher de l'embrasser, encore, en retour.


Colin: I gotta go, really. I need to go. Sorry, sorry, sorry, so sorry. So sorry.


Colin se lève. Paye le barman. Déplace son paquet de cigarettes à moitié vide vers Amélie. Se dirige vers la sortie. Regarde Amélie.


Amélie: Can I say one last thing?

Colin sourit.

Amélie: Leave her. Be with me. Leave her.

Colin bredouille un début de phrase «I ca...». Soupire. Profondément. Baisse les épaules. Regarde le plancher. Relève la tête. Regarde Amélie qui soutient son regard. Il a les yeux humides. Il prend Amélie par le cou. L'embrasse fort. Désespérément trop fort. Se tourne. Et sort.


Amélie retourne au bar. Cale le fond de son mojito et s'allume une cigarette. I. arrive.

I: Il est déjà parti?
A: Il vient de me laisser.
I: WHAT!!!!
A: Il a une blonde à Londres.

I: Holy fuck! Y'aurait pu te le dire!!! Commande-toi une bière, cale-la, commandes-en une autre, cale-la, pis après on va aller se défoncer sur la piste de danse. Pis on se saoule le reste de la nuit. Pis fuck la job. On travaillera demain. Ou dimanche.
A: Non. Je rentre.

I: Crisse, Amé, tu vas pas rentrer toute seule. Pas après ça. Viens, on va te trouver un bel Africain à inviter dans ton lit! Lui là-bas, il te regarde depuis tantôt. Elle penche la tête. Je pense même qu'il bave un peu.

A: Non. Je rentre. T'as assez d'argent pour le reste de ta soirée?
I: Euh...non, c'est toi qui est allée au guichet cette semaine.

Amélie sort 40 000 Ar. de son sac, l'équivalent de 30 dollars. Avec ça, I. peut boire jusqu'au matin et rentrer en taxi. Avec ça, une famille de Madagascar mange pendant un mois.
Le barman s'approche et tend à Amélie la monnaie de Colin. Elle donne les 15 000 Ar. à I.

Amélie descend l'escalier du Mojo. Elle prend le premier taxi venu. Ne négocie pas. Monte à son appartement. Se branche sur Internet. Aucun de ses amis n'est en ligne. Dommage, elle aurait aimé parler à quelqu'un. À quelqu'un de sa vie à Montréal.

Elle se déshabille. Jette ses vêtements par terre. Se couche. Et là, seulement là, les larmes commencent. Et elles dureront toute la nuit.


Avoir le coeur brisé à 13 000 km de chez soi, c'est dur.

samedi 7 mars 2009

Saison 2008 - Épisode 4 Celui où le p'tit pêcheur vendait des colliers

Extérieur, de jour

Amélie est étendue sur la plage de Blue-Bay, à l'Île Maurice. Elle est au paradis. La veille, pour la première fois de sa vie, elle s'est baignée dans de l'eau salée. L'eau salée de l'océan Indien. L'appartement prêté par Raj-le-Mauricien-nouveau-riche-qui-veut-impressionner-les-deux-jeunes-Québécoises-rencontrées-à-Mada est magnifique. Les plages sont magnifiques. Les gens sont beaux. Oh oui, les Mauriciens, comparés aux Malagasy des hauts-plateaux, sont beaux, grands, sexys et souriants. Et qu'est-ce qui est profondément exotique et follement excitant pour les Mauriciens? L'accent québécois. Pas de beaucoup de Québécois sur les plages mauriciennes. Pas beaucoup de Québécoises seules sur les plages mauriciennes.

Mais de tout ce buzz autour d'elle et I., à croire qu'ils ont annoncé à la radio sur quelle plage elles étaient, Amélie n'en profite pas. Non. Amélie pense à Colin. Colin qu'elle n'a pas vu depuis deux semaines. Colin qui est retourné en Afrique du Sud travailler à l'autre partie de son contrat. Colin qu'elle aurait dû voir avant de partir en vacances à Maurice. Colin qui ne pouvait pas quitter Johburg parce que les pièces qu'il attendait n'étaient pas encore arrivées. Colin qui était à Mada en ce moment même alors qu'Amélie n'y était pas.

Un vendeur de plage s'approche. Ils sont rares durant cette saison qui n'est plus touristique. Il déroule son boniment à I. pendant qu'Amélie l'ignore. Raj lui a acheté tous les colliers et tous les bracelets qu'elle voulait la veille. Amélie ne veut que profiter du soleil et de ses quatre tout petits minuscules jours de vacances.
Mais le vendeur insiste:

Vendeur: Vous chêtes belle, mademoichelle, très belle.

Amélie: Merci.

Vendeur: Mais faut pas rechter au soleil comme cha. Vous ch'aller devenir toute brune chinon. Faut rester blanche. Ch'est plus beau une femme blanche.

Amélie sourit.

Vendeur: Che chuis chuste un p'tit pêcheur. Le matin, che pêche, l'après-midi, che fais des colliers, des brachelets et des pendants d'oreilles avec le corail que che ramasse. Oh, ma boutique che n'est pas Gucci ou Yves Chaint-Laurent, mais mes bichoux ils sont beaux. Et ils sont beaucoup moins chers auchi. Regardez mademoiselle che beau collier rouche, ch'est beau pour vous, le rouche...


Et le vendeur continue à parler à Amélie avec cet accent très chuinté qu'ont les Mauriciens. Mais Amélie n'écoute plus le p'tit pêcheur. L'esprit d'Amélie est resté fixé sur le collier en corail rouge. Et dans sa tête une seule image, figée. Un mariage écossais. Une pléthore de kilts rouges. Et Colin et elle près de l'autel.


Fuck.

Amélie est amoureuse.

Fuck. Fuck. Fuck.


Amélie sort 50 roupies de son sac et prend le collier.


Amélie ne portera jamais ce collier. Amélie donnera ce collier à G., cette amie merveilleuse qui croit en l'amour. Parce que...


Amélie saura alors que son coeur est entre bonnes mains, jusqu'à ce qu'elle soit capable de s'en occuper elle-même.

vendredi 27 février 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de jour

Dehors, il pleut. Amélie a eu une grosse semaine. Corrections. Sorties entre amies. Beaucoup de musique. Du vin. De bons repas. Gestion inefficace d'émotions multiples et contradictoires.

Amélie est assise dans un fauteuil. Un bébé collé sur elle. Une tête toute petite. Un corps doux et chaud. De grands yeux bleus. Des joues toutes rondes. Apaisant. Un bébé apaisant collé sur la peau nue de son décolleté. Apaisant. Apaisant et réconfortant.

Amélie aime sa filleule. Amélie aime le frère de sa filleule. Amélie est amoureuse des jumeaux de sa meilleure amie. Apaisant.

samedi 21 février 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir

Amélie passe un drôle de samedi soir. Elle repense à un texte écrit il y a plusieurs mois, sur un blogue qu'elle tenait à l'époque. Elle a envie de le relire.


Lettre à Ariane Moffat

Ariane,

On ne se connaît pas. Malgré tout, tu es là, avec I. et moi, tous les jours. «Aquanaute», «Le coeur dans la tête», «Tous les sens» accompagnent nos soirées de travail interminable.

Depuis le début, j'ai toujours dit que ce que tu écrivais collait à ma vie, comme si tu me racontais. Encore aujourd'hui, c'est vrai. Et quand dans un moment de découragement, je mets
«Montréal» à fond dans mon appartement de Tana, bien, le sourire revient. Merci d'avoir écrit cette chanson. Elle contribue à mon équilibre.

Et là, I. et moi, on se parle de ce qu'on va faire à notre retour, aux sandwichs "toastés" qu'on va manger et à la sangria qu'on va boire au Ste-Éli. Tu le sais sûrement, mais quand on est loin, ce sont les petits détails du quotidien qui nous manquent le plus.


Je pourrais m'étendre longtemps sur chacune de tes chansons. La pudeur me retient ici, sur cet espace, de le faire. Mais sache que «Les invectives» joue en boucle présentement. Tout comme «Imparfait». Bon, je sais bien qu'elle n'est pas de toi. Mais dans ta bouche, les mots prennent une couleur qui n'est pas celle de Bélanger.

Florilège

«Ma vie est une série B mais ça me va.
»
«Will you follow me.»
«Je vais t'aimer dans tous les sens.
»
«Je serais revenue à la nage si je n'avais pas eu tant de bagages.»
«J'ai le coeur dans la tête.»
«Je vais t'embrasser à t'en faire perdre tes mots.
»
«Y'a un frisson qui passe entre mes pieds et la terre.
»
«L'amour est comme je le redoutais.»
«Ma tête est un bouclier mais ça me va.»
«Le vide, je vais le remplir de bons ou de mauvais souvenirs.»
«Une flamme ça fait des cendres. C'est pas dur à comprendre.»
«Je suis une étrangère, tu ne verras jamais ma mère.
»
«Je pense avec mes peurs, j'aime selon mon horaire.
»
«Ta lumière miroite sur l'âme des poètes.
»
«Phare urbain des amours tourmentées.»
«La Nausée et l'Enfer, c'est toi.»
«Je veux tout, tout de suite et ici.»

samedi 7 février 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, le matin

Amélie est assise dans son lit et regarde droit devant elle.

Elle a oublié de se démaquiller hier soir. Ses cils sont collés entre eux.


Elle trouve qu'elle se lève un peu trop tôt pour un samedi matin, mais bon, elle va avoir le temps de se faire deux ou trois bons expressos avant d'aller chercher sa grand-mère.

Amélie se demande où est le musicien. Est-il toujours en Belgique? Est-il rendu en Norvège. Est-il rentré à New York? L'idée de l'appeler lui traverse l'esprit. Non, pas aujourd'hui. Trop compliqué. Trop de non-dits possibles à travers ce geste. Peut-être la semaine prochaine. Mais surtout pas aujourd'hui.


Elle regarde le livre à côté d'elle sur les draps. Comme d'habitude, elle s'est endormie avec son livre et ses lunettes. «Femmes qui courent avec les loups: histoires et mythes de l'archétype de la femme sauvage» de Clarissa Pikola Estés. C'est sa nouvelle lecture depuis hier. C'est un cadeau de Noël au sujet duquel on lui a dit que ça changerait sa vie. Amélie se donne l'année pour le lire, le comprendre, le digérer. Lentement, à petites doses.


Elle se lève enfin.


Aujourd'hui, c'est la fête d'Amélie. Et c'est la première journée de sa dernière année dans la vingtaine.

Dans l'épisode d'hier...

Intérieur, de soir

Amélie passe la soirée seule avec sa meilleure amie. Ça fait longtemps. Trop longtemps que ce n'était pas arrivé. Les bébés, qui ont une vingtaine de jours, sont avec leur père. Amélie et G boivent du vin. Une bouteille. Tant pis pour le lait.
Ces retrouvailles font du bien à Amélie. Rien de grandiose. Mais après de nombreux mois de contraintes pour cause d'éloignement et de grossesse, c'était à la fois agréable et rassurant.

mercredi 4 février 2009

Saison 2006 - Épisode 1 Celui où Amélie prend une décision

Intérieur, de soir, début du mois de septembre

Amélie est assise autour de la grande table devant la fenêtre de la quincaillerie (le bar, pas le Rona). Elle est entourée d'amis et de collègues de travail. Ils ont mangé chez Panos. Ont bu tout plein de bouteilles de vin. Là, dans le bar sombre, ils augmentent leur taux d'alcoolémie à coup de Boréale blonde, de gin tonic et de rhum and coke. Ça discute allègrement. De tout et de rien. De l'école qui vient de recommencer, des nouveaux élèves aussi bébés gâtés que les précédents, de l'été qui se termine, des voyages qui ont été faits, des relations amoureuses toujours trop compliquées.

Amélie a la mine basse. Ces rencontres sociales sont de plus en plus difficiles. Rarement en sort-elle sans se mettre à pleurer dans les toilettes ou dans sa voiture sur le chemin du retour. Sa vie lui pèse lourd. Tous ont l'air heureux. Et elle, elle est malheureuse. Un malheur sans nom, fuyant mais permanent. Amélie sent qu'elle n'appartient pas. Qu'un mur se dresse entre elle et les autres. Elle s'en ouvre un peu, à l'occasion. Rarement. Ce soir-là, elle essaye de trouver des mots pour l'expliquer ce mal être.

Amélie: On dirait que la vie est liguée contre moi. Pourtant, je suis une fille intelligente. Je suis sympathique. Pourquoi y'a jamais rien qui marche?
G: Mais non, c'est pas vrai qu'y'a rien qui marche jamais. La preuve: on est devenues amies!
A: Je sais bien...
C: Tu ne penses pas que tu vois les choses pires qu'elle le sont vraiment?

A: Non.
C: *gros soupir*

P: C'est vrai que tu as eu ton lot de malheurs. Pis que la vie a pas toujours été facile pour toi. Mais en même temps, il y a plein de belles choses autour de toi.

A: Je sais pas...
G: Nous, on est là!

C: Bon, le travail, c'est pas parfait, mais t'aime ça quand même?
A: Oui, oui. J'aime ça enseigner. Encore plus depuis que P et moi on travaille vraiment ensemble. On est une super équipe.
P: Bon, tu vois!
A: Oui, mais.... ça va pas. Je vois pas le bout. Tout me fait chier dans le fond. Et ça me fait encore plus chier d'être célibataire.
G: Tu vas trouver, Amélie. C'est juste que le bon, celui qui te mérite vraiment, il a pas croisé ton chemin.
A: Humf!

M (qui s'immisce dans la conversation): On joue à un jeu. On se pose des questions! C'est moi qui commence! Amélie: préfèrerais-tu mourir écrasée par un yéti ou d'une allergie subite aux kiwis?
A: T'es con M!

M: Non, non, c'est une vraie question!

P: Amélie, tu ne penses pas qu'il serait temps que tu consultes? Je pense que ça te ferait du bien.

Amélie trouva ce commentaire dur. Elle pleura un peu dans la voiture sur le chemin du retour. Sauf que...

Le lendemain matin, sur le site de l'ordre des psychologues du Québec, elle se trouvait un gentil psy, Hugues. Toute une aventure allait commencer, mais ça, elle ne le savait pas encore.

samedi 31 janvier 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir

Amélie prendrait bien un beau grand brun et lui ferait une belle place dans son lit. Elle ouvrirait même une de ses bonnes bouteilles de vin. Lui servirait peut-être de son porc massala...

Mais bon, les gars viennent souper. Et zéro «prospects» dans cette belle petite gang...Il faudrait qu'elle se tienne moins avec des gays... Mais ils sont tellement distrayants!

jeudi 22 janvier 2009

Saison 2003 - Épisode 1 Celui où Amélie manque de jugement...troisième partie

Extérieur, de jour

C'est la St-Jean. Amélie est assise dans le gazon, entourée de ses amis. Julie lui parle en chuchotant.


J : Là, va falloir le dire à Véronique que Patrick la trompe.
A : Je te le répète, j'ai pas couché avec lui.

J : Je le sais bien, mais s'il t'a appelée, il l'a probablement déjà fait avec une autre.

A : On ne le sait pas ça...
J : Écoute, Michel m'a raconté l'histoire. C'est Patrick qui l'a appelé pour lui dire qu'il fallait absolument qu'il le voie. Ils sont allés prendre une bière ensemble. Pis là, Patrick a demandé à Michel s'il pouvait lui faire confiance. Évidemment, Michel a dit oui.
A : Ok...

J : Pis là, il lui a dit qu'il avait couché avec toi pis qu'il fallait pas qu'il le raconte.

A : Ok...

J : Sauf que Michel pis moi on se dit tout, alors il me l'a raconté. C'est là que je t'ai appelée. Je pouvais pas y croire.
A : Ben c'est sûr, c'est pas mon genre (oh, la culpabilité intérieure ressentie par Amélie à ce moment-là).

J : Chut, ils arrivent.

Patrick et sa blonde arrivent et se joignent au groupe. Patrick s'assoit tout à côté d'Amélie alors qu'il n'y a manifestement pas de place. Amélie se raidit sérieusement lorsque Patrick, par derrière lui joue dans les cheveux et lui caresse le bas du dos. Malaise.


A, qui chuchote : T'es vraiment con.


Patrick demande à Michel d'aller faire un tour avec lui. Ils partent tous les deux. Les autres continuent de boire, de fumer et de jouer de la musique. Lorsqu'ils reviennent, Michel va parler à Julie pendant quelques instants. Julie revient vers Amélie.


J : Moi, je ne comprends plus rien!

A : Quoi?
J : Bon, Patrick vient de dire à Michel que c'est pas vrai ce qu'il lui a dit. Que vous n'avez jamais couché ensemble. Qu'il voulait juste tester sa fidélité.

A : Voyons, yé ben cave!


Intérieur, de soir, deux heures plus tard.

Par hasard, Amélie et Michel se retrouvent seuls dans la cuisine. Les autres sont dehors.

A : Pourquoi t'as donné mon numéro à Patrick? J'ai toujours pas compris.
M : Pour le fun!

A : Quoi?

M : Ben oui, je me suis dit que tu t'ennuyais sûrement. Je voulais voir ce que t'allais faire...

A : C'est quoi l'affaire?
M : C'est rien, c'est mon affaire.


Quelques années plus tard...


Amélie et Julie ne se voient plus depuis à peu près ce temps-là. Lorsque Julie tomba enceinte, elle téléphona à Amélie pour lui expliquer que compte tenu des circonstances, elle ne serait pas marraine comme elle lui avait jadis promis. Amélie ne s'en formalisa pas. Elles ne se parlaient plus de toute façon. Mais un jour, dans sa douche, elle comprit. Elle comprit que Michel avait gagné. Lui qui n'aimait pas Amélie, qu'il jugeait snob et le lui disait, avait obtenu ce qu'il voulait : se débarrasser d'elle. Amélie n'était plus dans le décor pour donner son opinion qui ne rejoignait que rarement celle des autres du groupe. Elle n'était plus là pour rappeler à Julie qu'elle avait fait une erreur en abandonnant l'école trop tôt. Mais surtout, Amélie s'aperçut qu'elle n'était plus là pour contredire Michel, chose fréquente dans leurs conversations. Elle n'était plus là pour souligner le fait que Michel, souvent, manquait de respect envers sa blonde. Amélie était la seule du groupe à avoir une carrière et à bien gagner sa vie, les autres ne travaillaient à peu près qu'au salaire minimum. Jalousie? Peut-être, elle ne le saura jamais. Mais une chose est sûre : Michel avait su profiter des faiblesses de Patrick et d'Amélie pour les utiliser à ses fins. Elle n'était plus là.

Amélie apprit beaucoup de cette rupture d'amitié. À compter de ce jour, elle cessa de se mêler des histoires de couple de ses amis. Elle cessa de dire ce qu'elle pensait de la tendre moitié des gens qu'elle aimait. Trop risqué. Elle choisit plutôt de s'entourer d'amis qui avaient un train de vie semblable au sien. Qui avaient des opinions plus semblables aux siennes. Et de se la fermer. Ça fait moins de problème...

mercredi 21 janvier 2009

Saison 2003 - Épisode 1 Celui où Amélie manque de jugement...deuxième partie

Extérieur, de soir


Amélie et Patrick sortent du K....

A: Je comprends tes raisons de tromper ta blonde. Je ne suis pas d'accord avec elles, mais ça, ça ne me regarde pas. Ce sont tes affaires et les siennes. Mais j'espère que tu comprends que je me sens quand même un peu mal...
P: J'espère que tu comprends que j'ai crissement envie de toi.

Patrick pousse Amélie délicatement, mais pas trop, sur le mur de briques ni rouge ni brun. Ses fortes mains masculines lui emprisonnent les épaules. Mais elles ne restent pas là très longtemps. Amélie a mis LA robe. Celle qui lui va comme un gant. Celle dont l'échancrure laisse le champ libre à l'exploration. Ils s'embrassent. Ce n'est pas doux. Ce n'est pas tendre. Ce n'est pas amoureux. C'est intense. C'est passionné. C'est interdit.


Ils s'engouffrent dans la voiture. Elle ne démarre pas tout de suite. Ça prend un bon 10 minutes, peut-être 15. Heureusement, elle est stationnée dans un coin sombre, entre le halo lumineux de deux lampadaires.

Intérieur d'un appartement, de jour

Patrick et Amélie sont étendus sur le futon du salon. À travers les stores verticaux de la fenêtre, on voit clairement le soleil se lever. Patrick caresse le dos d'Amélie en lui mordillant l'oreille.

A: J'aime ça, mais je vais y aller. (Wow, juste wow! Je passerais bien la journée à continuer comme ça)
P: Quand est-ce qu'on se revoit?

A: Aucune idée. Appelle-moi.



Intérieur, la nuit suivante

Amélie est couchée dans son lit. Elle dort depuis un bon bout de temps. Ça se comprend, elle n'a pas dormi la veille. Son cellulaire sonne. Elle regarde l'heure 3h15.

A: Allô?
Julie: C'est-tu vrai que t'as couché avec Patrick?

A: Quoi?
Julie: Michel vient de me dire que Patrick lui a dit que vous aviez couché ensemble!

Amélie remarque que Julie pleure

J: Tu le sais, hein, que je pourrai pas continuer à être amie avec toi si c'est vrai. Tu le sais hein?
A: (pense vite, pense vite, qu'est-ce que tu choisis: la meilleure baise de ta vie ou ta meilleure amie?) Ben voyons, c'est quoi cette histoire-là?
J: As-tu couché avec?
A: Ben non! Franchement Julie, tu me connais mieux que ça, Patrick c'est pas pantoute mon genre. Y'é petit et blond!!!
J: Ouin, c'est vrai... Tu me jures que tu n'as pas couché avec?
A: Pourquoi Michel t'as raconté ça?
J: Tu me l'jures?

A: Je te le jure.

À suivre...

samedi 17 janvier 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir

Amélie a les traits tirés et rêve de son lit. Plusieurs raisons expliquent le fait qu'elle n'a pas le temps de procrastiner ni de raconter ses souvenirs parce que:


1- Sa meilleure amie vient d'accoucher de jumeaux... par voie naturelle ET par césarienne.

2- Elle rencontre ses directeurs lundi matin et n'a pas travaillé sur son mémoire depuis un an.

3- Elle est crevée.

lundi 12 janvier 2009

Saison 2003 - Épisode 1 Celui où Amélie manque de jugement...première partie

Intérieur, de soir, lobby d'un hôtel du centre-ville

Amélie assiste au coquetel précédant le bal de ses élèves. Elle y est avec deux collègues-amies, MF et SB. Son téléphone cellulaire sonne.

A: Oui allô!
P: Salut Amélie, c'est Patrick. Ça va?
A: Patrick? Patrick qui?
P:Ben, Patrick, l'ami de Michel pis Julie, on s'est vu la fin de semaine passée au brunch.

A: Ahhhhh, Patrick! Comment t'as eu mon numéro?

P: C'est Michel que me l'a donné.

A: Ah? Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?
P: T'es-tu occupée à soir?
A: Ben là je suis au bal de mes élèves, mais juste pour le coquetel. Ensuite, j'ai une pièce de théâtre.

P: Ça finit-tu tard ça?
A: Non pas trop, vers 21h.
P: Ça te tentes-tu qu'on se voit après?
A: Quoi?

P: Ouin, j'ai dit à Michel que j'avais vraiment envie de te voir. C'est pour ça qu'il m'a donné ton numéro.

A: Euh...j'suis pas certaine de bien comprendre là...

P: Come on, t'as pas remarqué comment j'étais toujours après toi dimanche passé?

A: Oui, un peu...mais, euh, ta blonde?

P: Elle est pas là en fin de semaine. Tu viens-tu me rejoindre après ta pièce? Je te paye un verre.

A: Je suis vraiment pas certaine, Patrick...
P: Regarde, finis tes trucs et appelle-moi après ok? Mon numéro s'est-tu affiché sur ton cell?
A: Oui, oui, je l'ai.

P: Parfait, j'attends de tes nouvelles. Ciao Bella.

SB: C'était quoi ça!!!!
A: Euh, c'est l'ami d'un couple d'amis.
MF: Pis, il voulait quoi?

A: Sa blonde est pas là de la fin de semaine, il veut me voir après la pièce. Il me paye un verre...
SB: Ok, tu viens de te faire appeler par un gars que tu ne reconnais même pas au téléphone, en couple en plus, pour baiser. Là, comme ça?
A: Ça a l'air...

MF: Pourquoi c'est jamais à moi que ça arrive ces affaires-là!

SB: Ces paquets de troubles-là tu veux dire! J'imagine que tu n'as pas l'intention d'y aller.
A: Non, non, je pense pas...
SB: T'hésite, c'est pas bon signe.


3 heures plus tard, au sortir du théâtre


SB: C'était pas si pire. Je suis crevée, je m'en vais chez nous. Vous autres?

MF: Moi aussi. Amélie?

A: Oui, oui, moi aussi, je vais aller me coucher.

SB: Sage décision


1 heure plus tard, le téléphone d'Amélie sonne.


P: Salut beauté, c'est Patrick

A: Salut!

P: Pis, le verre, ça marche toujours? J'attends au K....
A: Ok, je vais aller te rejoindre, mais, euh, j'ai besoin qu'on discute de 2-3 trucs.

P: Pas de problèmes ma belle, j'attends là dans 20 minutes.


À continuer...