Intérieur, de soir
Amélie regarde sa valise ouverte toute grande par terre sur le plancher déjà trop rempli de sa chambre.
Il y a bien des années, Amélie était persuadée que lorsqu'elle allait être adulte, son plancher de chambre allait être propre. Vidé des piles hétéroclites qui ont embrouillé son adolescence. Comme elle se trompait. Maudite pensée magique.
Aujourd'hui, donc, Amélie regarde ses piles qui entourent sa valise toute neuve par terre sur le plancher un peu trop froid de sa chambre.
Et elle les classe dans sa tête, à défaut de les ramasser pour vrai.
La pile de livres pour la maîtrise.
La pile de livres pour le doctorat.
La pile de papiers à classer.
La pile de documents pour son emploi d'assistante de recherche.
La pile de documents pour son emploi d'éditrice.
La pile de livres pour le plaisir.
La pile de livres pour garder son cerveau allumé.
La pile de vêtements à laver.
La pile de sacs à mains à ranger.
La pile de souliers à replacer.
La pile de factures à payer.
La pile de blessures à panser.
Les valises en direction du Sénégal vont être lourdes. Mais Amélie espère bien que le coeur, au retour, sera plus léger.
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mardi 5 janvier 2010
mardi 8 décembre 2009
Tague 3 - Le Catastrophomètre
Lue sur plusieurs blogue, mais issue de chez Martin Petit.
Où étiez-vous et quelle était votre situation sociale lors de ces événements?
Polytechnique:
J'ai 9 ans, presque 10. Je vois à la télé ce qui s'est passé. J'ai des questions plein la tête. Mais je ne les pose pas, ma mère, pas-encore-officiellement-monoparentale-mais-ça-s’en-vient, est trop occupée pour que je la dérange avec ça. Le lendemain, à l'école, j’apprends dans la cour d’école que l'amie de la fille d'une enseignante est morte dans cette tragédie. Je me questionne encore plus. La mort n'a pas encore croisé ma route, je ne la saisis pas. Je finis par questionner ma mère. Et elle m'explique. Et me parle d’égalité des sexes et de femmes qui payent injustement de leur vie. Et dans ma tête, je suis devenue féministe. Bon, pas dans ces mots-là à ce moment-là... je n’ai pas encore lu Beauvoir ni tout ce que je lirai plus tard, mais depuis quelques jours, je lis en cachette Jamais sans ma fille. Ma mère l’a emprunté à la bibliothèque mais m’a interdit de le lire. Je suis docile, mais pas pour les livres. Je me rappelle très bien avoir comparé les deux situations et m’être dit que c’était injuste qu’une femme meurt ou soit maltraitée parce qu’elle était une femme. Après cette discussion, j’ai probablement lu en soupant pendant que me mère me disait de lâcher mon livre et d’aller ensuite ranger ma chambre… ce que j’ai probablement fait en lisant et en poussant mes choses sous le lit. Et je me suis probablement endormie en écoutant ma cassette de New Kids on the Block dans mon gros walkman jaune fake.
11 septembre:
J’étudie à l’UQAM où j’entame la troisième année de mon baccalauréat en enseignement. Je travaille dans une épicerie pour payer mes études et je date Étienne, un comptable tatoué de partout et très versé dans le heavy metal. Rien de sérieux, on regarde des films et on baise dans son immense 6 1/2 à peine meublé. J’habite toujours chez ma mère, mais je viens de m’installer plutôt confortablement au sous-sol : semblant d’autonomie. Je lis les existentialistes, les féministes et les beatniks et j’écoute mes cd de vieux chanteurs français sur mon discman. Mon moral n’est pas très fort. Je combats une dépression «post-suicide de mon frère» que j’ignore de toutes mes forces. Ce jour-là, je suis assise dans mon cours d’histoire des États-Unis donné par Donald Cuccioletta qui, depuis deux semaines, nous répète que si les États-Unis ne changent pas certaines de leurs politiques étrangères bientôt, ils devront s’attendre à des attaques terroristes. On a à peine commencé le cours. Quelqu’un arrive en retard et annonce la nouvelle. On ne sait pas trop ce qui se passe. On poursuit un peu le cours et on finit par aller regarder la télé au Grimoire. On voit les tours s’écraser. Je n’oublierai jamais cette journée ni le soulagement sur le visage de ma mère - qui paniquait depuis l’avant-midi et n’arrivait pas à me joindre sur mon cellulaire - lorsque je suis rentrée ce soir-là.
Aujourd’hui:
J’ai 29 ans, presque 30. Je suis toujours aux études, je travaille comme une malade, je procrastine à souhait, je bois trop de café et je partage un appartement avec un ami. Je serai éventuellement une candidate au post-graduate syndrome, je sais. Je lis surtout des articles scientifiques, un peu de poésie - jamais abandonné mes beatniks – et tout ce qui me tombe sous la main, mais je suis difficile. J’ai commencé à lire des livres électroniques - agréables dans les transports. J’achète ma musique au gré de mes humeurs directement sur internet et l’écoute sur mon iPhone ou mon MacBook Pro allumé en permanence. J’ai des projets plein la tête: je pars pour l’Afrique dans quelques semaines. Pour la deuxième fois. Je pense souvent aux recherches que j’ai envie de faire quand j’aurai un papier qui me dira que je qualifiée pour en faire par moi-même. Célibataire sans enfant et presque sans horaire, je cherche de plus en plus ma place dans un groupe d’amis de plus en plus casés, installés, hypothéqués et reproduits. Je sais ce que je voudrais comme vie dans ma tête, mais je ne sais pas encore si je vais trouver un homme qui a le même rêve que moi. Je n’ai jamais fait les choses comme les autres, mais je ne m’en porte pas plus mal. Je suis encore en définition… et ça fait un peu paniquer ma mère. Mais bon, ce n'est pas nouveau.
Où étiez-vous et quelle était votre situation sociale lors de ces événements?
Polytechnique:
J'ai 9 ans, presque 10. Je vois à la télé ce qui s'est passé. J'ai des questions plein la tête. Mais je ne les pose pas, ma mère, pas-encore-officiellement-monoparentale-mais-ça-s’en-vient, est trop occupée pour que je la dérange avec ça. Le lendemain, à l'école, j’apprends dans la cour d’école que l'amie de la fille d'une enseignante est morte dans cette tragédie. Je me questionne encore plus. La mort n'a pas encore croisé ma route, je ne la saisis pas. Je finis par questionner ma mère. Et elle m'explique. Et me parle d’égalité des sexes et de femmes qui payent injustement de leur vie. Et dans ma tête, je suis devenue féministe. Bon, pas dans ces mots-là à ce moment-là... je n’ai pas encore lu Beauvoir ni tout ce que je lirai plus tard, mais depuis quelques jours, je lis en cachette Jamais sans ma fille. Ma mère l’a emprunté à la bibliothèque mais m’a interdit de le lire. Je suis docile, mais pas pour les livres. Je me rappelle très bien avoir comparé les deux situations et m’être dit que c’était injuste qu’une femme meurt ou soit maltraitée parce qu’elle était une femme. Après cette discussion, j’ai probablement lu en soupant pendant que me mère me disait de lâcher mon livre et d’aller ensuite ranger ma chambre… ce que j’ai probablement fait en lisant et en poussant mes choses sous le lit. Et je me suis probablement endormie en écoutant ma cassette de New Kids on the Block dans mon gros walkman jaune fake.
11 septembre:
J’étudie à l’UQAM où j’entame la troisième année de mon baccalauréat en enseignement. Je travaille dans une épicerie pour payer mes études et je date Étienne, un comptable tatoué de partout et très versé dans le heavy metal. Rien de sérieux, on regarde des films et on baise dans son immense 6 1/2 à peine meublé. J’habite toujours chez ma mère, mais je viens de m’installer plutôt confortablement au sous-sol : semblant d’autonomie. Je lis les existentialistes, les féministes et les beatniks et j’écoute mes cd de vieux chanteurs français sur mon discman. Mon moral n’est pas très fort. Je combats une dépression «post-suicide de mon frère» que j’ignore de toutes mes forces. Ce jour-là, je suis assise dans mon cours d’histoire des États-Unis donné par Donald Cuccioletta qui, depuis deux semaines, nous répète que si les États-Unis ne changent pas certaines de leurs politiques étrangères bientôt, ils devront s’attendre à des attaques terroristes. On a à peine commencé le cours. Quelqu’un arrive en retard et annonce la nouvelle. On ne sait pas trop ce qui se passe. On poursuit un peu le cours et on finit par aller regarder la télé au Grimoire. On voit les tours s’écraser. Je n’oublierai jamais cette journée ni le soulagement sur le visage de ma mère - qui paniquait depuis l’avant-midi et n’arrivait pas à me joindre sur mon cellulaire - lorsque je suis rentrée ce soir-là.
Aujourd’hui:
J’ai 29 ans, presque 30. Je suis toujours aux études, je travaille comme une malade, je procrastine à souhait, je bois trop de café et je partage un appartement avec un ami. Je serai éventuellement une candidate au post-graduate syndrome, je sais. Je lis surtout des articles scientifiques, un peu de poésie - jamais abandonné mes beatniks – et tout ce qui me tombe sous la main, mais je suis difficile. J’ai commencé à lire des livres électroniques - agréables dans les transports. J’achète ma musique au gré de mes humeurs directement sur internet et l’écoute sur mon iPhone ou mon MacBook Pro allumé en permanence. J’ai des projets plein la tête: je pars pour l’Afrique dans quelques semaines. Pour la deuxième fois. Je pense souvent aux recherches que j’ai envie de faire quand j’aurai un papier qui me dira que je qualifiée pour en faire par moi-même. Célibataire sans enfant et presque sans horaire, je cherche de plus en plus ma place dans un groupe d’amis de plus en plus casés, installés, hypothéqués et reproduits. Je sais ce que je voudrais comme vie dans ma tête, mais je ne sais pas encore si je vais trouver un homme qui a le même rêve que moi. Je n’ai jamais fait les choses comme les autres, mais je ne m’en porte pas plus mal. Je suis encore en définition… et ça fait un peu paniquer ma mère. Mais bon, ce n'est pas nouveau.
dimanche 29 novembre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Intérieur, après-midi gris
Amélie broie des idées noires. Encore.
Ça pèse sur ses épaules. Ça plie son cou. Ça fait trembler ses jambes. Ça cerne ses yeux.
Novembre est sur le point de partir. Enfin.
Amélie aussi. Pas tout de suite, mais bientôt. Enfin. L'appel de l'Afrique a encore retenti. Et Amélie a répondu.
Oui, Amélie le sait. C'est problématique quand la solution réside dans la fuite.
Mais pour l'instant, c'est ce qui a le plus de sens.
Amélie broie des idées noires. Encore.
Ça pèse sur ses épaules. Ça plie son cou. Ça fait trembler ses jambes. Ça cerne ses yeux.
Novembre est sur le point de partir. Enfin.
Amélie aussi. Pas tout de suite, mais bientôt. Enfin. L'appel de l'Afrique a encore retenti. Et Amélie a répondu.
Oui, Amélie le sait. C'est problématique quand la solution réside dans la fuite.
Mais pour l'instant, c'est ce qui a le plus de sens.
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où tout ça mènera-t-il?,
voyage
jeudi 12 novembre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui
Intérieur, de soir
Amélie joue avec son nouveau Google Wave. Gracieuseté d'un ancien élève. Faut croire qu'elle en a marqué quelques-uns suffisamment pour qu'on lui fasse ce cadeau. Et comme il n'y a personne là-dessus encore, elle joue toute seule. Elle donne un côté ludique à une recension d'écrits qu'elle doit faire. Attention à la vague! Youhou!
* délire passager et profondément geek*
Et entre quelques mots-clés dans une base de données, elle écrit quelques pages de son mémoire.
Amélie a une vie vraiment plate ces temps-ci:
L'Économiste est à Vancouver.
Le Neuroscientifique est à Toronto.
L'Algérien, une vieille histoire qui remonte à la surface, est malade.
Le Revenant du secondaire est beaucoup trop pragmatique et cartésien. Amélie n'aime pas qu'on lui dise ce qu'on va lui faire. Elle est adepte de la technique «Do it, shut up and enjoy!»
Reste le DJ new-yorkais...
Ouais, Amélie va probablement le texter entre quelques pages de mémoire et quelques mots-clés dans une base de données.
Amélie joue avec son nouveau Google Wave. Gracieuseté d'un ancien élève. Faut croire qu'elle en a marqué quelques-uns suffisamment pour qu'on lui fasse ce cadeau. Et comme il n'y a personne là-dessus encore, elle joue toute seule. Elle donne un côté ludique à une recension d'écrits qu'elle doit faire. Attention à la vague! Youhou!
* délire passager et profondément geek*
Et entre quelques mots-clés dans une base de données, elle écrit quelques pages de son mémoire.
Amélie a une vie vraiment plate ces temps-ci:
L'Économiste est à Vancouver.
Le Neuroscientifique est à Toronto.
L'Algérien, une vieille histoire qui remonte à la surface, est malade.
Le Revenant du secondaire est beaucoup trop pragmatique et cartésien. Amélie n'aime pas qu'on lui dise ce qu'on va lui faire. Elle est adepte de la technique «Do it, shut up and enjoy!»
Reste le DJ new-yorkais...
Ouais, Amélie va probablement le texter entre quelques pages de mémoire et quelques mots-clés dans une base de données.
jeudi 29 octobre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de jour
Amélie a passé une belle soirée hier. Il y avait des jongleurs et des cracheurs de feu sur l'esplanade de la Place des Arts. Mais Amélie et l'Économiste n'y sont pas restés parce que la musique était franchement plate. Ils sont plutôt entrés au Musée d'art contemporain. L'expo temporaire était de qualité inégale, mais ce genre de visite offre une myriade de possibilités:
1- se prendre la main sans être trop artificiel ou forcé.
Économiste: Non, pas de ce côté, il n'y a rien (Il prend la main d'Amélie).
Amélie: Viens, on change de salle (Elle prend la main de l'Économiste).
2- frencher dans la salle de projection.
Amélie: C'est drôle les images, on dirait...
Économiste: Tu disais quoi?
Amélie: Les deux images, on dirait...
Économiste: On dirait quoi?
Amélie: C'est plus dur de finir mes phrases avec ta langue dans ma bou...
Économiste: Ma langue où?
3- rire de la cinquantaine d'étudiants trop hipsters qui prennent des notes et répondent à des questionnaires.
Amélie: J'espère que tu as pensé à prendre ton cahier de notes.
Économiste: Nope!
Amélie: Tut tut! (lui flatte le bras...humm, muscles)
Économiste: No need. It's all in my head. You can test me later (petite léchouille d'oreille). I'll score high. Promess.
Ce matin, Amélie est crevée, porte les mêmes vêtements qu'hier et ses cheveux vont être une catastrophe. Mais, pour déjeuner, elle a mangé de la croustade aux pommes faite par l'Économiste lui-même. Ça compense pour quelques désagréments.
Économiste: Tiens (sort le plat du four).
Amélie: T'as fait de la croustade (sourire en coin)?
Économiste: Ben oui, c'est pas difficile (air vaguement offensé). Je vais sous la douche vite fait.
Et Amélie l'a regardé entrer dans la douche en se disant qu'il avait certainement trouvé une bonne tactique pour impressionner une fille. Ça promet.
Amélie a passé une belle soirée hier. Il y avait des jongleurs et des cracheurs de feu sur l'esplanade de la Place des Arts. Mais Amélie et l'Économiste n'y sont pas restés parce que la musique était franchement plate. Ils sont plutôt entrés au Musée d'art contemporain. L'expo temporaire était de qualité inégale, mais ce genre de visite offre une myriade de possibilités:
1- se prendre la main sans être trop artificiel ou forcé.
Économiste: Non, pas de ce côté, il n'y a rien (Il prend la main d'Amélie).
Amélie: Viens, on change de salle (Elle prend la main de l'Économiste).
2- frencher dans la salle de projection.
Amélie: C'est drôle les images, on dirait...
Économiste: Tu disais quoi?
Amélie: Les deux images, on dirait...
Économiste: On dirait quoi?
Amélie: C'est plus dur de finir mes phrases avec ta langue dans ma bou...
Économiste: Ma langue où?
3- rire de la cinquantaine d'étudiants trop hipsters qui prennent des notes et répondent à des questionnaires.
Amélie: J'espère que tu as pensé à prendre ton cahier de notes.
Économiste: Nope!
Amélie: Tut tut! (lui flatte le bras...humm, muscles)
Économiste: No need. It's all in my head. You can test me later (petite léchouille d'oreille). I'll score high. Promess.
Ce matin, Amélie est crevée, porte les mêmes vêtements qu'hier et ses cheveux vont être une catastrophe. Mais, pour déjeuner, elle a mangé de la croustade aux pommes faite par l'Économiste lui-même. Ça compense pour quelques désagréments.
Économiste: Tiens (sort le plat du four).
Amélie: T'as fait de la croustade (sourire en coin)?
Économiste: Ben oui, c'est pas difficile (air vaguement offensé). Je vais sous la douche vite fait.
Et Amélie l'a regardé entrer dans la douche en se disant qu'il avait certainement trouvé une bonne tactique pour impressionner une fille. Ça promet.
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too much alcool on a weekday
mercredi 30 septembre 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de soir, il fait froid dehors
L'automne est clairement de retour. Amélie, pas de manteau sur le dos, l'a bien senti aujourd'hui. Les dernières semaines ont été intenses. Positivement intenses, mais intenses tout de même. C'est qu'Amélie prépare son inscription au doctorat. Et du coup, les demandes de bourses pour ledit doctorat. C'est exigeant une demande de bourse gouvernementale. Payant si on l'obtient, mais exigeant à remplir. Amélie a présentement consacré 28 heures à la chose et ce n'est pas encore terminé. Mais aujourd'hui, un pas important a été franchi: les lettres de référence sont sur le point d'être remplies. Et tout le projet de recherche qu'elle compte soumettre est complet. Amélie est fière d'elle-même. Angoissée et terrorisée (son mal de dos lancinant le lui rappelle à chaque mouvement) devant cette aventure, mais fière d'elle-même!
Amélie voit toujours le neuroscientifique. Cette relation tout sauf définie lui cause bien quelques épisodes d'angoisse (tiens, le mal de dos, encore?), lui rappelle à l'occasion that she should NOT drink and text, mais il y a des choses qui s'installent. Tranquillement, à leur rythme. La nature masculine persiste à échapper à Amélie, sur plusieurs points. Une chance que son merveilleux cercle d'amis lui fournit à l'occasion certaines réponses. Amélie aime ses amis.
L'automne est clairement de retour. Amélie, pas de manteau sur le dos, l'a bien senti aujourd'hui. Les dernières semaines ont été intenses. Positivement intenses, mais intenses tout de même. C'est qu'Amélie prépare son inscription au doctorat. Et du coup, les demandes de bourses pour ledit doctorat. C'est exigeant une demande de bourse gouvernementale. Payant si on l'obtient, mais exigeant à remplir. Amélie a présentement consacré 28 heures à la chose et ce n'est pas encore terminé. Mais aujourd'hui, un pas important a été franchi: les lettres de référence sont sur le point d'être remplies. Et tout le projet de recherche qu'elle compte soumettre est complet. Amélie est fière d'elle-même. Angoissée et terrorisée (son mal de dos lancinant le lui rappelle à chaque mouvement) devant cette aventure, mais fière d'elle-même!
Amélie voit toujours le neuroscientifique. Cette relation tout sauf définie lui cause bien quelques épisodes d'angoisse (tiens, le mal de dos, encore?), lui rappelle à l'occasion that she should NOT drink and text, mais il y a des choses qui s'installent. Tranquillement, à leur rythme. La nature masculine persiste à échapper à Amélie, sur plusieurs points. Une chance que son merveilleux cercle d'amis lui fournit à l'occasion certaines réponses. Amélie aime ses amis.
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où tout ça mènera-t-il?
dimanche 26 juillet 2009
Question(s) existentielle(s) No.9
Quand tu vis ta crise d'adolescence à presque 30 ans, que se passe-t-il avec ta crise de la quarantaine?
Et avec tes démons du midi de la cinquantaine?
Et avec tes démons du midi de la cinquantaine?
vendredi 12 juin 2009
Saison 2008 - Épisode 6 Celui avec les danseurs africains...première partie
Intérieur, de soir
C'est vendredi soir à Antananarivo. C'est le 15 de mois, date à laquelle la plupart des salaires sont versés. Les expats savent très bien que les quelques bars de la capitale seront pleins, pleins de ces locaux qu'ils ne voient qu'une fois par mois, le vendredi soir du versement des salaires. Ces vendredis sont toujours différents des autres. Et Amélie se demande bien ce qui l'attend.
La soirée commence au Sud, resto semi-branché, hors du circuit principal. Quelques cliques d'expats le font vivre, dont celle des hauts-placés de la Croix-Rouge. Amélie et I. ne les aiment pas particulièrement. Ils sont dérangés. Plusieurs histoires déplacées et dérangeantes. Elles essayent de les éviter le plus possible. L'un d'eux cependant est Québécois, Étienne, et elles ont appris à mieux le connaître. Et finalement, il semble moins dérangé que les autres. Assez pour qu'elles acceptent de s'asseoir avec lui et sa copine malagasy à leur arrivée au restaurant.
La discussion est sympathique, la copine, Dora, plus allumée que la plupart des pauvres filles fantomatiques qui accompagnent généralement les Blancs. Une certaine complicité s'installe entre Amélie et Dora pendant qu'Étienne et I. discutent des réels pouvoirs de la Croix-Rouge. Amélie attend ce soir-là un appel du musicien et Dora s'amuse à lui donner des conseils sur l'art de faire courir les hommes. Le repas est bon et le vin sud-africain abondant.
La soirée se poursuit de façon traditionnelle au Mojo, premier arrêt obligé du vendredi soir. La place est déjà remplie malgré l'heure peu avancée. Dora présente Amélie et I. à quelques amis qui sont là pendant qu'Étienne commande des mojitos pour tout le monde. Les Malagasy supportent mal l'alcool, Amélie se retrouve entourée de plusieurs qui voient en elle une occasion d'établir un contact avec une Blanche. Une grand classique. Elle les repousse gentiment mais fermement. La musique est bonne, on danse, on discute, on boit. Le musicien arrive enfin, quelques présentations. Dora prend Amélie à part pour la mettre en garde.
Dora: C'est lui ton mec?
Amélie: Oui
Dora: Je sais qui il est. On vient de villages voisins. C'est un musicien très connu.
Amélie: Je sais.
Dora: Fais attention. Laisse-le courir.
Amélie: Pourquoi tu me dis ça?
Dora: Tu es une belle femme intelligente, Amélie.
Amélie: Intelligente, sans doute, belle... (grimace dubitative)
Dora: Si tu veux juste t'amuser, vas-y. Mais sinon...
Amélie: Sinon quoi?
Dora: Je te le dis parce qu'entre femmes, il faut s'aider. Il a une copine. Une Américaine. Ils sont venus sur l'île ensemble il y a trois ans. C'est une musicienne aussi.
Amélie: Je sais de qui tu parles. Mais ce n'est pas une Américaine, c'est une Norvégienne. Ils habitaient ensemble à New-York, mais il m'a dit que c'était fini, qu'elle était avec un autre maintenant.
Dora: Peut-être. Mais faut pas croire un Africain sur ce genre de choses. Je les connais moi.
Amélie: Merci du conseil, Dora, j'en prends bonne note.
Alors que Dora part rejoindre Étienne, le musicien vient vers Amélie et lui tend un verre. Il semble fatigué. Il n'est clairement pas à son premier verre.
Le musicien: I'll do a song. The bar owner asked me.
Amélie: Good!
Le musicien: I know that girl. She's from a village next to mine.
Amélie: I know, she told me.
Le musicien: She's bad. Always with white men...for their money. I don't like her.
Amélie: No kidding...
Et le musicien prend place dans l'espace qui fait office de scène. Et joue de sa guitare. Et improvise une chanson. Sur Amélie. Il sort de scène sous les applaudissements et est pris d'assaut par tous les Malagasy qui viennent de voir une de leurs vedettes en chair et en os. Un petit signe de tête en direction d'Amélie. Amélie sait qu'il ne s'occupera plus d'elle pour de longues heures. Ce n'est pas sa première expérience du genre avec lui.
Elle se dirige vers le bar pour commander un autre mojito. Deux jeunes noirs y sont assis. Ils la regardent depuis un moment. Amélie prend son verre, paye le montant ridiculement bas demandé par la serveuse et se dirige vers la piste de danse. Les deux jeunes la suivent. I. sourit de loin à Amélie sur la piste. La musique américaine s'arrête. C'est l'heure du reggae.
Amélie danse. Se laisse emporter par la musique. Les deux jeunes s'approchent, l'encadrent, dansent avec elle. Amélie sent leur corps ferme et en contrôle contre le sien. Elle est emprisonnée entre eux. L'air est chaud et humide. L'un d'eux se penche se vers Amélie et lui chuchote:
Tu danses comme ça aussi au Dagobert? Tu dois rendre les hommes fous...
Amélie s'arrête. Vient-il de dire «Dagobert»? Comme le bar à Québec? Elle jette un regard interrogatif au jeune homme qui lui sourit....
À suivre...
C'est vendredi soir à Antananarivo. C'est le 15 de mois, date à laquelle la plupart des salaires sont versés. Les expats savent très bien que les quelques bars de la capitale seront pleins, pleins de ces locaux qu'ils ne voient qu'une fois par mois, le vendredi soir du versement des salaires. Ces vendredis sont toujours différents des autres. Et Amélie se demande bien ce qui l'attend.
La soirée commence au Sud, resto semi-branché, hors du circuit principal. Quelques cliques d'expats le font vivre, dont celle des hauts-placés de la Croix-Rouge. Amélie et I. ne les aiment pas particulièrement. Ils sont dérangés. Plusieurs histoires déplacées et dérangeantes. Elles essayent de les éviter le plus possible. L'un d'eux cependant est Québécois, Étienne, et elles ont appris à mieux le connaître. Et finalement, il semble moins dérangé que les autres. Assez pour qu'elles acceptent de s'asseoir avec lui et sa copine malagasy à leur arrivée au restaurant.
La discussion est sympathique, la copine, Dora, plus allumée que la plupart des pauvres filles fantomatiques qui accompagnent généralement les Blancs. Une certaine complicité s'installe entre Amélie et Dora pendant qu'Étienne et I. discutent des réels pouvoirs de la Croix-Rouge. Amélie attend ce soir-là un appel du musicien et Dora s'amuse à lui donner des conseils sur l'art de faire courir les hommes. Le repas est bon et le vin sud-africain abondant.
La soirée se poursuit de façon traditionnelle au Mojo, premier arrêt obligé du vendredi soir. La place est déjà remplie malgré l'heure peu avancée. Dora présente Amélie et I. à quelques amis qui sont là pendant qu'Étienne commande des mojitos pour tout le monde. Les Malagasy supportent mal l'alcool, Amélie se retrouve entourée de plusieurs qui voient en elle une occasion d'établir un contact avec une Blanche. Une grand classique. Elle les repousse gentiment mais fermement. La musique est bonne, on danse, on discute, on boit. Le musicien arrive enfin, quelques présentations. Dora prend Amélie à part pour la mettre en garde.
Dora: C'est lui ton mec?
Amélie: Oui
Dora: Je sais qui il est. On vient de villages voisins. C'est un musicien très connu.
Amélie: Je sais.
Dora: Fais attention. Laisse-le courir.
Amélie: Pourquoi tu me dis ça?
Dora: Tu es une belle femme intelligente, Amélie.
Amélie: Intelligente, sans doute, belle... (grimace dubitative)
Dora: Si tu veux juste t'amuser, vas-y. Mais sinon...
Amélie: Sinon quoi?
Dora: Je te le dis parce qu'entre femmes, il faut s'aider. Il a une copine. Une Américaine. Ils sont venus sur l'île ensemble il y a trois ans. C'est une musicienne aussi.
Amélie: Je sais de qui tu parles. Mais ce n'est pas une Américaine, c'est une Norvégienne. Ils habitaient ensemble à New-York, mais il m'a dit que c'était fini, qu'elle était avec un autre maintenant.
Dora: Peut-être. Mais faut pas croire un Africain sur ce genre de choses. Je les connais moi.
Amélie: Merci du conseil, Dora, j'en prends bonne note.
Alors que Dora part rejoindre Étienne, le musicien vient vers Amélie et lui tend un verre. Il semble fatigué. Il n'est clairement pas à son premier verre.
Le musicien: I'll do a song. The bar owner asked me.
Amélie: Good!
Le musicien: I know that girl. She's from a village next to mine.
Amélie: I know, she told me.
Le musicien: She's bad. Always with white men...for their money. I don't like her.
Amélie: No kidding...
Et le musicien prend place dans l'espace qui fait office de scène. Et joue de sa guitare. Et improvise une chanson. Sur Amélie. Il sort de scène sous les applaudissements et est pris d'assaut par tous les Malagasy qui viennent de voir une de leurs vedettes en chair et en os. Un petit signe de tête en direction d'Amélie. Amélie sait qu'il ne s'occupera plus d'elle pour de longues heures. Ce n'est pas sa première expérience du genre avec lui.
Elle se dirige vers le bar pour commander un autre mojito. Deux jeunes noirs y sont assis. Ils la regardent depuis un moment. Amélie prend son verre, paye le montant ridiculement bas demandé par la serveuse et se dirige vers la piste de danse. Les deux jeunes la suivent. I. sourit de loin à Amélie sur la piste. La musique américaine s'arrête. C'est l'heure du reggae.
Amélie danse. Se laisse emporter par la musique. Les deux jeunes s'approchent, l'encadrent, dansent avec elle. Amélie sent leur corps ferme et en contrôle contre le sien. Elle est emprisonnée entre eux. L'air est chaud et humide. L'un d'eux se penche se vers Amélie et lui chuchote:
Tu danses comme ça aussi au Dagobert? Tu dois rendre les hommes fous...
Amélie s'arrête. Vient-il de dire «Dagobert»? Comme le bar à Québec? Elle jette un regard interrogatif au jeune homme qui lui sourit....
À suivre...
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mercredi 20 mai 2009
Dans l'épisode d'hier...
Intérieur, de soir
Amélie dresse sa liste:
Un Russe
Un Écossais
Un Suisse
Des Québécois
Un Américain
Un Malgache
Un Algérien
Un Arménien
Un Français
Et elle se dit qu'un Australien, c'est bien... Pas toujours facile à comprendre, mais pas mal du tout!
Amélie dresse sa liste:
Un Russe
Un Écossais
Un Suisse
Des Québécois
Un Américain
Un Malgache
Un Algérien
Un Arménien
Un Français
Et elle se dit qu'un Australien, c'est bien... Pas toujours facile à comprendre, mais pas mal du tout!
mardi 12 mai 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Extérieur, de jour
Amélie est remplie de bonheur. Pour plusieurs raisons dont:
1- Sa présentation de séminaire s'est déroulée à merveille et elle a reçu de belles félicitations.
2- Elle a maintenant un iPhone. Elle qui avait perdu son iPod Touch au mois de février...elle s'était ennuyée de ce doux glissement digital sur l'écran.
3- Jeudi, elle donnera sa première présentation dans le cadre d'un congrès scientifique (bon un petite présentation de rien du tout à l'aide d'une affiche, mais quand même, ce sera sa première publication scientifique officielle).
4- Elle a enfin trouvé le cadeau de baptême pour sa filleule. De magnifiques petites boucles d'oreille en diamant. Dans quelques années, sa filleule pourra s'en mettre une dans le nez, elles sont parfaites pour cela!
5- Elle aime la vie!
Elle a l'impression qu'elle donnerait des câlins à tout le monde!
Amélie est remplie de bonheur. Pour plusieurs raisons dont:
1- Sa présentation de séminaire s'est déroulée à merveille et elle a reçu de belles félicitations.
2- Elle a maintenant un iPhone. Elle qui avait perdu son iPod Touch au mois de février...elle s'était ennuyée de ce doux glissement digital sur l'écran.
3- Jeudi, elle donnera sa première présentation dans le cadre d'un congrès scientifique (bon un petite présentation de rien du tout à l'aide d'une affiche, mais quand même, ce sera sa première publication scientifique officielle).
4- Elle a enfin trouvé le cadeau de baptême pour sa filleule. De magnifiques petites boucles d'oreille en diamant. Dans quelques années, sa filleule pourra s'en mettre une dans le nez, elles sont parfaites pour cela!
5- Elle aime la vie!
Elle a l'impression qu'elle donnerait des câlins à tout le monde!
jeudi 23 avril 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de soir
36 heures.
C'est le temps qu'a pris le géographe pour dire à Amélie que malgré la belle soirée qu'ils avaient passée ensemble sous le signe de l'ouverture et du respect, il ne désirait pas poursuivre. Pas assez d'attirance physique.
Par courriel.
Amélie trouvait qu'il avait de la classe. Elle vient de changer d'idée.
Elle enfile sa belle robe et sort emmerder Montréal.
Et elle recommencera vendredi.
Et samedi aussi.
Et en silence, elle pensera Fuck la géographie, le canot et l'escalade.
Peut-être le criera-t-elle.
Laide, laide, comme la vie est laide, laide, car je ne suis pas belle, belle, je suis une poubelle. Laide, laide...
36 heures.
C'est le temps qu'a pris le géographe pour dire à Amélie que malgré la belle soirée qu'ils avaient passée ensemble sous le signe de l'ouverture et du respect, il ne désirait pas poursuivre. Pas assez d'attirance physique.
Par courriel.
Amélie trouvait qu'il avait de la classe. Elle vient de changer d'idée.
Elle enfile sa belle robe et sort emmerder Montréal.
Et elle recommencera vendredi.
Et samedi aussi.
Et en silence, elle pensera Fuck la géographie, le canot et l'escalade.
Peut-être le criera-t-elle.
Laide, laide, comme la vie est laide, laide, car je ne suis pas belle, belle, je suis une poubelle. Laide, laide...
jeudi 19 février 2009
Dans l'épisode d'aujourd'hui...
Intérieur, de jour
Amélie joue à un jeu envoyé par un ami facebookien. Le résultat est assez probant. Trop probant pour afficher ça là où une pléthore d'anciens élèves sévissent. Trop...personnel.
Life Playlist
Here's how it works:
1. Open your music library
2. Put it on Shuffle/Random
3. Press play
4. For every question, type the song that's playing
5. When you go to a new question, press the next button
Opening Credits : Ah! Que -Antoine Gratton
Waking Up: Les Djinns - Lili Fatale
First Day At School : Le vieil amant - Émilie Simon
Falling In Love: Splendido Splendente - Petra Magoni
Breaking Up: La ville s’éveille -Dumas
Prom: Vertige - Mylène Farmer
Dance Sequence: Amours - Louise Attaque
Life's OK: Politik - Coldplay
Breakdown: Sans Contrefaçon - Mylène Farmer
Driving: You know You’re Right - Nirvana
Flashback: Antichrist Television Blues - Arcade Fire
Getting Back Together: Balck Math - The White Stripes
Wedding: Song of the Black Swan - Pink Martini
Sex Scene: Fée Imaginaire - Maken Kozapo
Birth of Child: Girl - Beatles
Final Battle: Ton plat favori - Malajube
Death Scene: L’amour est sans pitié - Jean Leloup
Funeral Song: Casse-Cou - Malajube
End Credits: Lovely Lady - Caïman Fu
Amélie joue à un jeu envoyé par un ami facebookien. Le résultat est assez probant. Trop probant pour afficher ça là où une pléthore d'anciens élèves sévissent. Trop...personnel.
Life Playlist
1. Open your music library
2. Put it on Shuffle/Random
3. Press play
4. For every question, type the song that's playing
5. When you go to a new question, press the next button
Opening Credits : Ah! Que -Antoine Gratton
Waking Up: Les Djinns - Lili Fatale
First Day At School : Le vieil amant - Émilie Simon
Falling In Love: Splendido Splendente - Petra Magoni
Breaking Up: La ville s’éveille -Dumas
Prom: Vertige - Mylène Farmer
Dance Sequence: Amours - Louise Attaque
Life's OK: Politik - Coldplay
Breakdown: Sans Contrefaçon - Mylène Farmer
Driving: You know You’re Right - Nirvana
Flashback: Antichrist Television Blues - Arcade Fire
Getting Back Together: Balck Math - The White Stripes
Wedding: Song of the Black Swan - Pink Martini
Sex Scene: Fée Imaginaire - Maken Kozapo
Birth of Child: Girl - Beatles
Final Battle: Ton plat favori - Malajube
Death Scene: L’amour est sans pitié - Jean Leloup
Funeral Song: Casse-Cou - Malajube
End Credits: Lovely Lady - Caïman Fu
jeudi 29 janvier 2009
Saison 2008 - Épisode 2 Celui au marché
Extérieur, de jour, dans un marché public de Madagascar
Amélie n'est pas à Madagascar depuis 24 heures. Lalaina, son chauffeur, un ancien garde du corps, lui fait visiter le centre-ville et du même coup, le marché d'Anakely, le plus grand de Tana. Amélie a peur. Des peurs occidentales: se faire voler, se faire agresser, se faire arnaquer. Amélie marche tout près de Lalaina. Elle ne s'en éloigne pas. Elle sert contre elle son sac. La peur est puissante, la chaleur est intense, la ville est toute en collines et en escaliers. Amélie sue à grosses gouttes. Elle se sent ridicule. Blanche, innocente et ridicule.
Amélie se promène devant les étals. Ici, le coin des babioles «made in China», celles bas de gamme qui font passer la marchandise des magasins à 1 dollar pour des produits de luxe. Là, le coin des vêtements. Usagés pour la plupart, entassés les uns sur les autres. Les acheteurs fouillent les tas frénétiquement. Personne n'essaye les vêtements. On juge à l'oeil et on achète. Pour la première fois de sa vie, Amélie voit une femme acheter un soutien-gorge sans l'essayer.
Lalaina: Attention Amélie, faut pas marcher sur le gazon, y'a des mines.
Amélie s'arrête brusquement. Son corps tremble: Quoi!!!! Y'a des mines anti-personnel ici?
Lalaina: Ah non, pas ce genre de mine. Les mines, c'est les cacas que les gens font par terre. Faut faire attention pour pas marcher dans les cacas.
Amélie ne sait pas si elle doit rire. Mais une chose est certaine: dorénavant, elle ne marchera plus en regardant en haut. Nenon, elle regardera, pour vrai, où elle met les pieds.
Quelques coins de rues plus loin, ce sont les produits alimentaires. Les poissons surtout. Beaucoup de poissons. À l'air libre. Entassés. Les mouches tout autour. Les têtes de zébu aussi. Amélie est décontenancée. Les odeurs, les bruits, la chaleur, les gens. Partout, il y a des gens. Pire que les Promenades St-Bruno un 24 décembre.
Lalaina: Ça va Amélie? Vous êtes correcte? On peut aller moramora (prononcez mouramoura) si vous préférez?
Amélie: C'est quoi moramora?
Lalaina, qui rit un peu: Ça veut dire tout doucement, tranquillement.
Amélie, au cours des mois suivants, expérimentera régulièrement le «moramora». Parce qu'à Madagascar, tout est «moramora»: le rythme de travail, le service au restaurant, les déplacements routiers, les déplacements aériens, le comptage de l'argent, la négociation de marchandises, les réponses aux courriels. Amélie s'habituera...un peu, mais restera toujours quand même intérieurement agressée par cette lenteur.
Sauf que...
Quand viendra le temps des expériences sexuelles malgaches, Amélie se dira que moramora, c'est agréable!
Amélie n'est pas à Madagascar depuis 24 heures. Lalaina, son chauffeur, un ancien garde du corps, lui fait visiter le centre-ville et du même coup, le marché d'Anakely, le plus grand de Tana. Amélie a peur. Des peurs occidentales: se faire voler, se faire agresser, se faire arnaquer. Amélie marche tout près de Lalaina. Elle ne s'en éloigne pas. Elle sert contre elle son sac. La peur est puissante, la chaleur est intense, la ville est toute en collines et en escaliers. Amélie sue à grosses gouttes. Elle se sent ridicule. Blanche, innocente et ridicule.
Amélie se promène devant les étals. Ici, le coin des babioles «made in China», celles bas de gamme qui font passer la marchandise des magasins à 1 dollar pour des produits de luxe. Là, le coin des vêtements. Usagés pour la plupart, entassés les uns sur les autres. Les acheteurs fouillent les tas frénétiquement. Personne n'essaye les vêtements. On juge à l'oeil et on achète. Pour la première fois de sa vie, Amélie voit une femme acheter un soutien-gorge sans l'essayer.
Lalaina: Attention Amélie, faut pas marcher sur le gazon, y'a des mines.
Amélie s'arrête brusquement. Son corps tremble: Quoi!!!! Y'a des mines anti-personnel ici?
Lalaina: Ah non, pas ce genre de mine. Les mines, c'est les cacas que les gens font par terre. Faut faire attention pour pas marcher dans les cacas.
Amélie ne sait pas si elle doit rire. Mais une chose est certaine: dorénavant, elle ne marchera plus en regardant en haut. Nenon, elle regardera, pour vrai, où elle met les pieds.
Quelques coins de rues plus loin, ce sont les produits alimentaires. Les poissons surtout. Beaucoup de poissons. À l'air libre. Entassés. Les mouches tout autour. Les têtes de zébu aussi. Amélie est décontenancée. Les odeurs, les bruits, la chaleur, les gens. Partout, il y a des gens. Pire que les Promenades St-Bruno un 24 décembre.
Lalaina: Ça va Amélie? Vous êtes correcte? On peut aller moramora (prononcez mouramoura) si vous préférez?
Amélie: C'est quoi moramora?
Lalaina, qui rit un peu: Ça veut dire tout doucement, tranquillement.
Amélie, au cours des mois suivants, expérimentera régulièrement le «moramora». Parce qu'à Madagascar, tout est «moramora»: le rythme de travail, le service au restaurant, les déplacements routiers, les déplacements aériens, le comptage de l'argent, la négociation de marchandises, les réponses aux courriels. Amélie s'habituera...un peu, mais restera toujours quand même intérieurement agressée par cette lenteur.
Sauf que...
Quand viendra le temps des expériences sexuelles malgaches, Amélie se dira que moramora, c'est agréable!
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