jeudi 16 avril 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de jour

Amélie rigole. Elle vient de recevoir une carte postale. En provenance du Mexique. Une carte postée le 20 décembre 2008 dans laquelle une amie lui souhaite Joyeux Noël et Bonne Année.

Efficace service postal!

mercredi 15 avril 2009

Question(s) existentielle(s) No.7

Pourquoi, malgré tous mes efforts, le cynisme se trouve-t-il partout sur mon chemin?

Maudit film! Et moi qui croyais aller voir un petit «chick flick» tout mièvre et rose bonbon...

jeudi 9 avril 2009

Saison 1999 - Épisode 1 Celui où Amélie est dramaturge

Intérieur, de soir

Amélie en a un peu marre. Depuis la mort de son frère, les amis qui l’entourent, et même son amoureux, l’entourent justement un peu trop. Elle étouffe. Elle ne le sait pas vraiment, n’arrive pas à identifier ce sentiment. Même s'il est maintenant omniprésent.

Les derniers mois, au cours desquels elle est rapidement devenue adulte, lui reviennent en mémoire. L’annonce de la mort. Le grand et profond choc vécu par sa mère. L’identification à la morgue. Les démarches pour le salon funéraire. Le rassemblement pour l’enterrement. Moments à la fois flous, tellement flous. Mais surtout difficiles, aussi difficiles que d’avoir du sable dans les yeux. Du sable en permanence dans les yeux.

Mais aujourd’hui, les choses changent. Amélie remédie à la pitié ambiante. Amélie reprend possession de sa vie. De ses émotions. De son deuil. De sa douleur. Amélie «communique», «exprime» et «partage» ce qu’elle ressent.

Sur la petite scène du théâtre du cégep qu’elle fréquente, la pièce écrite par Amélie est jouée. Son projet de fin d’études. Ses émotions. Son deuil. Sa douleur.

Son amoureux est dans la salle, spécialement venu de Boston pour l’occasion. Ses amis y sont également. Pas sa mère. Sa mère qui passe encore ses journées en pyjama entre le fauteuil du salon et sa chambre. Jamais très longtemps éveillée. Jamais très longtemps endormie.

Et son rouge. Le rouge fort, puissant et déstabilisant du sang sur l’affiche annonçant le spectacle:

La Mort dans l’art.

Projet de fin d’études en théâtre d’Amélie


Et leur silence. Le silence fort, puissant et déstabilisant de la mort sur scène. De la douleur sur scène.


Catharsis des sens.

Expectorant de l’âme.

Anesthésiant de la douleur.

D'une douleur qu’Amélie traîne encore, oh! pas tous les jours, mais quand même…

Ça arrive à l'occasion.

lundi 30 mars 2009

De retour après la pause...

Je vais revenir, ne vous inquiétez pas!

mardi 17 mars 2009

Question(s) existentielle(s) No.6

Pourquoi, chaque fois que je me dis que je vais enfin pouvoir respirer un peu, un nouveau contrat arrive-t-il?

Et par extension, pourquoi ai-je si peur de manquer d'argent?

Et encore plus profondément, pourquoi aimé-je autant être débordée?

Et deep, deep, deep down inside, pourquoi ai-je si peur de n'avoir rien à faire?

mercredi 11 mars 2009

Saison 2008 - Épisode 5 Celui où Colin kissed Amélie goodbye...deuxième partie

Intérieur, de soir

La soirée continue. La bière, les mojitos, les cigarettes, la musique, les come here kiss me...

Jusqu'à minuit. Amélie vient de regarder sa montre. Tout juste minuit. Elle est crevée. Mais elle préfère rester. Quelques heures volées de plus ou de moins...

Colin s'asseoit au bar. Amélie parle un peu avec un Français qui, s'il n'est pas sur le speed ou la coke, a clairement besoin de Ritalin. Colin la regarde du coin de l'oeil. Elle va le rejoindre. Se place devant lui, entre ses jambes, la tête dans son cou qui sent si bon. Il entoure sa taille, ses mains sous son chandail. Amélie est bien. Mais Colin parle.


Colin: We won't go to Mauritius. You're gonna hate me.

Amélie relève la tête. Silence.
Colin: I got caught by you. Gosh, you're great. You're bloody hell fantastic. But we can't be.
Silence.
Colin: You're not talking.

Silence.
Colin: We need to be friends. Just friends.
Silence.
Colin: Say something.

Silence.

Colin: Fuck, Amélie, I got a girlfriend in London... I couldn't bring myself to tell you before.

Silence.

Colin: Now, you hate me. And you're mad.
Silence.

Colin: Come on, say something.
Silence.
Silence.
Silence.

Amélie: I don't hate you. And I'm not mad. If I was to hate you, I would have thrown my mojito in your face right after your second sentence and already left the place.

Colin: Go on. Il lui tend son verre de bière. That's all I deserve.

Amélie: I won't. You should have told me right from the start.
Regard piteux de Colin.

I., près de l'état d'ébriété, s'approche d'Amélie et lui tape, ma foi violemment, sur l'épaule : Yo, chiquita, c'est quoi mon numéro de cell déjà?


Amélie lui donne son numéro. Des numéros à 14 chiffres, c'est dur à se rappeler. I. retourne danser. Elle n'a rien vu.

Rudy, l'ami-collègue de Colin, s'approche. Il regarde Amélie qui se dit à elle-même qu'il sait ce qui vient de se passer.


Rudy: Buddy, we need to go: 8am meeting tomorrow. The driver's downstairs. Amélie, do you need a lift?

Amélie: No thanks, I got my own driver you know? Except that, at night, I prefer to take cabs, because I like to know that my driver can spend some time with his family, you know, and not drive around white-full-of-cash-loosers to every bar in Tana.
Rudy: Jeez! Relax woman...


Colin: I knew you were mad...

Amélie: I'm not mad! I'm...I don't know how to say it in English. Je suis déçue. Je suis tellement déçue. Je le savais dans le fond, je le savais tellement. Dès le début, je le savais. Crisse, je le savais.

Colin: What means «savais»?

Amélie: You know what, I was so sure we were meant to be. We «fitted» right, you know. Was it all in my head?
Colin: No. No. No. We fit. For real. We fit. We fitted right from the start.
Silence.
Colin: But I can't. She's in London... ... ... ... Can I kiss you... please?

Amélie s'approche et se laisse embrasser. Et malgré toute la volonté qu'elle possède, elle ne peut s'empêcher de l'embrasser, encore, en retour.


Colin: I gotta go, really. I need to go. Sorry, sorry, sorry, so sorry. So sorry.


Colin se lève. Paye le barman. Déplace son paquet de cigarettes à moitié vide vers Amélie. Se dirige vers la sortie. Regarde Amélie.


Amélie: Can I say one last thing?

Colin sourit.

Amélie: Leave her. Be with me. Leave her.

Colin bredouille un début de phrase «I ca...». Soupire. Profondément. Baisse les épaules. Regarde le plancher. Relève la tête. Regarde Amélie qui soutient son regard. Il a les yeux humides. Il prend Amélie par le cou. L'embrasse fort. Désespérément trop fort. Se tourne. Et sort.


Amélie retourne au bar. Cale le fond de son mojito et s'allume une cigarette. I. arrive.

I: Il est déjà parti?
A: Il vient de me laisser.
I: WHAT!!!!
A: Il a une blonde à Londres.

I: Holy fuck! Y'aurait pu te le dire!!! Commande-toi une bière, cale-la, commandes-en une autre, cale-la, pis après on va aller se défoncer sur la piste de danse. Pis on se saoule le reste de la nuit. Pis fuck la job. On travaillera demain. Ou dimanche.
A: Non. Je rentre.

I: Crisse, Amé, tu vas pas rentrer toute seule. Pas après ça. Viens, on va te trouver un bel Africain à inviter dans ton lit! Lui là-bas, il te regarde depuis tantôt. Elle penche la tête. Je pense même qu'il bave un peu.

A: Non. Je rentre. T'as assez d'argent pour le reste de ta soirée?
I: Euh...non, c'est toi qui est allée au guichet cette semaine.

Amélie sort 40 000 Ar. de son sac, l'équivalent de 30 dollars. Avec ça, I. peut boire jusqu'au matin et rentrer en taxi. Avec ça, une famille de Madagascar mange pendant un mois.
Le barman s'approche et tend à Amélie la monnaie de Colin. Elle donne les 15 000 Ar. à I.

Amélie descend l'escalier du Mojo. Elle prend le premier taxi venu. Ne négocie pas. Monte à son appartement. Se branche sur Internet. Aucun de ses amis n'est en ligne. Dommage, elle aurait aimé parler à quelqu'un. À quelqu'un de sa vie à Montréal.

Elle se déshabille. Jette ses vêtements par terre. Se couche. Et là, seulement là, les larmes commencent. Et elles dureront toute la nuit.


Avoir le coeur brisé à 13 000 km de chez soi, c'est dur.

Saison 2008 - Épisode 5 Celui où Colin kissed Amélie goodbye...première partie

Intérieur, de soir

C'est vendredi soir, Amélie et I. sortent du Patio, un resto à flanc de montagne où, de la terrasse, la vue sur la ville aux mille colline est magnifique. C'est leur premier souper au resto de la semaine. Elles sont débordées. Leurs premiers livres viennent de partir en impression. Avec près de cinq semaines de retard. Les réalités africaines et nord-américaines se heurtent continuellement. Elles éteignent des feux continuellement. Les rythmes ne sont pas synchronisés. Une gestion de crise permanente entre désirs et réalités. Amélie et I. sont coincés entre deux mondes 18 heures sur 24. Elles dorment les six heures restantes. Les quatre jours de vacances à Maurice leur semblent bien loin. Leurs vacances prochaines à Montréal, également.


Le cellulaire d'Amélie sonne. Message texte de Colin.


Just getting out of business dinner. Going to Mojo. I'm knackered, but wanna join me for a while?

Colin, comme Amélie, gère continuellement les crises entre l'Afrique du Sud, Madagascar et Londres. C'était sa semaine à Mada. Ils n'ont pas eu le temps de se voir. Bien qu'également crevée, Amélie lui répond.

Finishing dinner too. I'll be there in 15 with I. Get me a mojito, Sexy :)


Amélie et I. arrivent au Mojo après d'âpres négociations pour un taxi. C'est que de l'extérieur, elles semblent encore des touristes. Mais de l'intérieur, elles n'en sont plus. Après quelques temps dans un pays étranger, le statut de touriste se transforme en autre chose. Amélie n'est pas vraiment une expatriée. Elle ne sera à Madagascar durant une année complète. Mais elle se lève tous les matins pour aller travailler, a un appartement, est membre du centre culturel et du seul gym de la ville, fait son épicerie, a des habitudes, paye ses bananes achetées au coin de la rue de moins en moins cher et de plus en plus près du prix payé par les locaux. Mais les taxis, à moins d'être capable de négocier dans la langue, c'est difficile. Du Patio au Mojo, un local va payer 2000 Ar., de soir, pour une course. Amélie et I., elles, doivent négocier un bon 10 minutes pour payer 3500 Ar. Mais elles sont fières, parce que le premier prix donné par le chauffeur est de 10 000 Ar. Un jour, elles y arriveront!

Amélie arrive au Mojo. Colin est là. Un mojito tendu vers elle. Amélie lui trouve un drôle d'air malgré son sourire éclatant. Il semble gêné.

I. part rejoindre un groupe d'expats qu'elles fréquentent à l'occasion.

Colin attrape Amélie par la taille et l'embrasse. Longuement. Une onde de bonheur lui traverse le corps. Ils ne se sont pas vus depuis deux semaines. Ils réussissent de peine et de misère à passer une soirée complète ensemble à chaque voyage de Colin, quelques heures volées au développement international. Quelques moments de bonheur volés à l'amélioration du sort de l'Afrique. Une soirée, parfois deux, aux 15 jours. Mais on s'en fout, parce que les bouches d'Amélie et de Colin sont faites pour aller ensemble.


Amélie et Colin parlent de leur semaine, de leur projet respectif. Des millions de copies de livres faits par l'équipe d'Amélie qui seront imprimés sous peu. Du feu qui s'est déclaré dans es plus récents équipements installés par Colin. Leur routine, quoi.

Colin veut, encore, des détails à propos de l'île Maurice.


A: I'm telling you, like I told you two weeks ago, it's paradise on earth.
C: How much did you pay the plane ticket?

A: Something around 200.
C: 200 what? Euros?

A: No, no, US dollars.

C: We should go. I'd like to there with you.

A: I'd like too, but, right now, the next place I'll go is home for a couple days.

C: When do you go back home?

A: Mid-August and I'll come back around first week of September. I'll spent the first week in Paris. My best friend is gonna be there.

C: I'll be here in fall. I'll spent a couple days in London, but we'll find some time and we'll go to Mauritius. Come here and kiss me.


À suivre...