samedi 17 octobre 2009

Dans l'épisode d'hier...

Intérieur, de soir

Amélie raccroche le téléphone.

Amélie boit quelques gorgées d'un vin rouge qu'elle n'a pas acheté.

Amélie a eu une conversation émotionnellement adulte avec un homme aussi peu émotionnellement adulte qu'elle.

Elle a nommé des sentiments. Elle a énoncé des cadres à l'intérieur desquels elle est à l'aise. Sans fléchir.

Amélie t'avertit: mercredi, c'est ton deadline.

mercredi 30 septembre 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir, il fait froid dehors

L'automne est clairement de retour. Amélie, pas de manteau sur le dos, l'a bien senti aujourd'hui. Les dernières semaines ont été intenses. Positivement intenses, mais intenses tout de même. C'est qu'Amélie prépare son inscription au doctorat. Et du coup, les demandes de bourses pour ledit doctorat. C'est exigeant une demande de bourse gouvernementale. Payant si on l'obtient, mais exigeant à remplir. Amélie a présentement consacré 28 heures à la chose et ce n'est pas encore terminé. Mais aujourd'hui, un pas important a été franchi: les lettres de référence sont sur le point d'être remplies. Et tout le projet de recherche qu'elle compte soumettre est complet. Amélie est fière d'elle-même. Angoissée et terrorisée (son mal de dos lancinant le lui rappelle à chaque mouvement) devant cette aventure, mais fière d'elle-même!

Amélie voit toujours le neuroscientifique. Cette relation tout sauf définie lui cause bien quelques épisodes d'angoisse (tiens, le mal de dos, encore?), lui rappelle à l'occasion that she should NOT drink and text, mais il y a des choses qui s'installent. Tranquillement, à leur rythme. La nature masculine persiste à échapper à Amélie, sur plusieurs points. Une chance que son merveilleux cercle d'amis lui fournit à l'occasion certaines réponses. Amélie aime ses amis.

dimanche 16 août 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de jour

Amélie mangerait des sushis dans le lit du neuroscientifique. Mais pour ça, il faudrait qu'il l'appelle.

En attendant, elle compile des données, analyse des résultats, réfléchit aux causes et aux conséquences, se questionne sur les répercussions, lit des textes abscons sur la fidélité interjuges et écrit des paragraphes qui se veulent clairs.

En écoutant du Radiohead.

Amélie va en venir à bout de son mémoire de maîtrise.

Mais d'ici à ce que ce jour mythique arrive, elle mangerait bien des sushis dans le lit du neuroscientifique. Mais pour ça, il faudrait bien qu'il la rappelle.

Et pour ça, il faudrait qu'il soit moins occupé.

Et Amélie se dit que c'est incroyable qu'elle ait rencontré quelqu'un encore plus occupé qu'elle.

dimanche 26 juillet 2009

Question(s) existentielle(s) No.9

Quand tu vis ta crise d'adolescence à presque 30 ans, que se passe-t-il avec ta crise de la quarantaine?

Et avec tes démons du midi de la cinquantaine?

vendredi 24 juillet 2009

Saison 1993 - Épisode 1 Celui où Amélie apprend l'anglais

Intérieur, un soir de février

Amélie est en première secondaire. Dans une école de haut calibre. Où ca joue dure entre adolescents surdoués, doués ou tout simplement plus forts que la moyenne. Amélie se classe dans la catégories des doués. Pas vraiment d'efforts à fournir dans plusieurs matières pour «clancher» solidement les juste «plus forts», mais du travail est nécessaire ailleurs, ce qui n'est pas le cas des surdoués. En maths par exemple. Elle a beau avoir des notes acceptables dans les 80%, reste que si elle prend du retard, c'est sûr qu'elle va éventuellement pleurer sur un exercice rebutant rendue à la maison. Amélie est foncièrement «braillarde». Elle n'accepte pas encore cet état de fait, ce n'est qu'à l'âge adulte que ça se fera...et qu'elle apprendra à se contrôler...à son grand bonheur.

Outre les maths, le problème d'Amélie, c'est l'anglais. Pourtant, elle adore ses cours, elle aime ça apprendre une nouvelle langue, une nouvelle grammaire, de nouveaux mots. Mais ça bloque à l'oral. Amélie se trouve «poche»: tous les autres parlent mieux qu'elle, tous les autres regardent et comprennent la télé en anglais, tous les autres pratiquent avec leurs parents. Mais surtout, les autres ne disent pas «tent» quand ils parlent de leur «tante». Les autres, ils ne s'humilient pas publiquement. Mais la mère d'Amélie ne parle pas un mot d'anglais et son père, bien, son père s'est éloigné depuis longtemps et elle est presque certaine qu'il ne parle pas plus que sa mère.

Et donc, Amélie braille parce qu'elle n'est pas bonne en anglais. Amélie braille parce que sa prof parle juste en anglais et qu'elle ne comprend pas toujours. Amélie braille parce que, des fois, si ses amies ne lui chuchotent pas en français ce qu'il faut faire, elle doit user de stratégies pour ne pas avoir l'air dinde devant la prof. Bref, Amélie braille à la maison chaque fois qu'elle a un cours d'anglais durant la journée.

Ce soir, Amélie fête ses 13 ans. Étonnamment, son père lui a fait parvenir un cadeau. Le seul depuis le divorce de ses parents. Le seul qu'elle aura du reste de sa vie. Le cadeau, c'est de l'argent. L'argent qui permettra à Amélie de prendre part au voyage scolaire. Le seul qu'elle fera de son secondaire. Une semaine en Alabama, au Space Academy Center. Une semaine à jouer à l'astronaute, à expérimenter l'apesanteur, à téléguider une réplique du bras canadien, à apprendre à conduire une navette spatiale, à enfiler un vrai costume d'astronaute, à suivre des cours d'astronomie. Mais surtout, une semaine où les communications devront se passer uniquement en anglais. Une semaine où tous les participants francophones s'engagent à ne parler qu'en anglais, même entre eux.

Une semaine inoubliable.
Une semaine où, enfin, le blocage d'Amélie est parti.
Une semaine après laquelle, en classe, elle n'avait plus besoin de ses amies, parce qu'il faut bien le dire, sa prof articule pas mal plus que les Alabamiens.
Une semaine après laquelle, au retour de l'école, Amélie suit religieusement «Fresh Prince of Bel Air» en comprenant les blagues douteuses de Will Smith.

Amélie n'est jamais devenue complètement bilingue, mais 16 ans plus tard, dans sa vie amoureuse, c'est souvent en anglais que ça se passe.

Amélie est un peu réticente devant cette idée, mais 16 ans plus tard, elle se doit de remercier son père pour cet unique cadeau de fête.

jeudi 23 juillet 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir

Amélie est un peu frustrée et déçue...

Elle est toute habillée. Toute maquillée. Toute coiffée. Toute poupounnée.

Et sa «date» vient de l'annuler. Incident familial.

Amélie comprend, mais se demande bien ce qu'elle va faire un jeudi soir à 22h...

Ce n'était clairement pas dans ses plans d'écouter le film d'horreur norvégien que son coloc et un ami regardent dans le salon...

mercredi 1 juillet 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, pas tout à fait le soir, mais déjà plus le jour


Amélie réfléchit.
Amélie se questionne.
Amélie sent que quelque chose ne tourne pas rond.
Amélie a l'impression d'avoir oublié un truc.

Mais Amélie ne sait pas quoi.

Elle a encore mis sa liste à jour. Un Allemand/Polonais/Ontarien cette fois.

Serait-ce lui son problème ces temps-ci?
N'est-ce pas plutôt elle, comme d'habitude?
Cet homme si différent sera-t-il aussi problématique que tous les autres?
Gâchera-t-elle tout, comme d'habitude?


Comme d'habitude...

Quelles sont-elles, ses habitudes?

Amélie a l'impression de ne plus en avoir d'habitudes.
Amélie a l'impression de n'avoir que ça des habitudes.

Et pendant ce temps, ce mémoire qui n'avance pas.

Peut-être que la semaine à Cuba va tout régler...

Amélie est naïve. Comme d'habitude.