mercredi 21 janvier 2009

Saison 2003 - Épisode 1 Celui où Amélie manque de jugement...deuxième partie

Extérieur, de soir


Amélie et Patrick sortent du K....

A: Je comprends tes raisons de tromper ta blonde. Je ne suis pas d'accord avec elles, mais ça, ça ne me regarde pas. Ce sont tes affaires et les siennes. Mais j'espère que tu comprends que je me sens quand même un peu mal...
P: J'espère que tu comprends que j'ai crissement envie de toi.

Patrick pousse Amélie délicatement, mais pas trop, sur le mur de briques ni rouge ni brun. Ses fortes mains masculines lui emprisonnent les épaules. Mais elles ne restent pas là très longtemps. Amélie a mis LA robe. Celle qui lui va comme un gant. Celle dont l'échancrure laisse le champ libre à l'exploration. Ils s'embrassent. Ce n'est pas doux. Ce n'est pas tendre. Ce n'est pas amoureux. C'est intense. C'est passionné. C'est interdit.


Ils s'engouffrent dans la voiture. Elle ne démarre pas tout de suite. Ça prend un bon 10 minutes, peut-être 15. Heureusement, elle est stationnée dans un coin sombre, entre le halo lumineux de deux lampadaires.

Intérieur d'un appartement, de jour

Patrick et Amélie sont étendus sur le futon du salon. À travers les stores verticaux de la fenêtre, on voit clairement le soleil se lever. Patrick caresse le dos d'Amélie en lui mordillant l'oreille.

A: J'aime ça, mais je vais y aller. (Wow, juste wow! Je passerais bien la journée à continuer comme ça)
P: Quand est-ce qu'on se revoit?

A: Aucune idée. Appelle-moi.



Intérieur, la nuit suivante

Amélie est couchée dans son lit. Elle dort depuis un bon bout de temps. Ça se comprend, elle n'a pas dormi la veille. Son cellulaire sonne. Elle regarde l'heure 3h15.

A: Allô?
Julie: C'est-tu vrai que t'as couché avec Patrick?

A: Quoi?
Julie: Michel vient de me dire que Patrick lui a dit que vous aviez couché ensemble!

Amélie remarque que Julie pleure

J: Tu le sais, hein, que je pourrai pas continuer à être amie avec toi si c'est vrai. Tu le sais hein?
A: (pense vite, pense vite, qu'est-ce que tu choisis: la meilleure baise de ta vie ou ta meilleure amie?) Ben voyons, c'est quoi cette histoire-là?
J: As-tu couché avec?
A: Ben non! Franchement Julie, tu me connais mieux que ça, Patrick c'est pas pantoute mon genre. Y'é petit et blond!!!
J: Ouin, c'est vrai... Tu me jures que tu n'as pas couché avec?
A: Pourquoi Michel t'as raconté ça?
J: Tu me l'jures?

A: Je te le jure.

À suivre...

samedi 17 janvier 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir

Amélie a les traits tirés et rêve de son lit. Plusieurs raisons expliquent le fait qu'elle n'a pas le temps de procrastiner ni de raconter ses souvenirs parce que:


1- Sa meilleure amie vient d'accoucher de jumeaux... par voie naturelle ET par césarienne.

2- Elle rencontre ses directeurs lundi matin et n'a pas travaillé sur son mémoire depuis un an.

3- Elle est crevée.

mercredi 14 janvier 2009

Question existentielle No.3

Pourquoi est-ce lors de la journée la plus froide que la fermeture éclair de mes bottes se brise et que je ne trouve pas ma tuque?

lundi 12 janvier 2009

Saison 2003 - Épisode 1 Celui où Amélie manque de jugement...première partie

Intérieur, de soir, lobby d'un hôtel du centre-ville

Amélie assiste au coquetel précédant le bal de ses élèves. Elle y est avec deux collègues-amies, MF et SB. Son téléphone cellulaire sonne.

A: Oui allô!
P: Salut Amélie, c'est Patrick. Ça va?
A: Patrick? Patrick qui?
P:Ben, Patrick, l'ami de Michel pis Julie, on s'est vu la fin de semaine passée au brunch.

A: Ahhhhh, Patrick! Comment t'as eu mon numéro?

P: C'est Michel que me l'a donné.

A: Ah? Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?
P: T'es-tu occupée à soir?
A: Ben là je suis au bal de mes élèves, mais juste pour le coquetel. Ensuite, j'ai une pièce de théâtre.

P: Ça finit-tu tard ça?
A: Non pas trop, vers 21h.
P: Ça te tentes-tu qu'on se voit après?
A: Quoi?

P: Ouin, j'ai dit à Michel que j'avais vraiment envie de te voir. C'est pour ça qu'il m'a donné ton numéro.

A: Euh...j'suis pas certaine de bien comprendre là...

P: Come on, t'as pas remarqué comment j'étais toujours après toi dimanche passé?

A: Oui, un peu...mais, euh, ta blonde?

P: Elle est pas là en fin de semaine. Tu viens-tu me rejoindre après ta pièce? Je te paye un verre.

A: Je suis vraiment pas certaine, Patrick...
P: Regarde, finis tes trucs et appelle-moi après ok? Mon numéro s'est-tu affiché sur ton cell?
A: Oui, oui, je l'ai.

P: Parfait, j'attends de tes nouvelles. Ciao Bella.

SB: C'était quoi ça!!!!
A: Euh, c'est l'ami d'un couple d'amis.
MF: Pis, il voulait quoi?

A: Sa blonde est pas là de la fin de semaine, il veut me voir après la pièce. Il me paye un verre...
SB: Ok, tu viens de te faire appeler par un gars que tu ne reconnais même pas au téléphone, en couple en plus, pour baiser. Là, comme ça?
A: Ça a l'air...

MF: Pourquoi c'est jamais à moi que ça arrive ces affaires-là!

SB: Ces paquets de troubles-là tu veux dire! J'imagine que tu n'as pas l'intention d'y aller.
A: Non, non, je pense pas...
SB: T'hésite, c'est pas bon signe.


3 heures plus tard, au sortir du théâtre


SB: C'était pas si pire. Je suis crevée, je m'en vais chez nous. Vous autres?

MF: Moi aussi. Amélie?

A: Oui, oui, moi aussi, je vais aller me coucher.

SB: Sage décision


1 heure plus tard, le téléphone d'Amélie sonne.


P: Salut beauté, c'est Patrick

A: Salut!

P: Pis, le verre, ça marche toujours? J'attends au K....
A: Ok, je vais aller te rejoindre, mais, euh, j'ai besoin qu'on discute de 2-3 trucs.

P: Pas de problèmes ma belle, j'attends là dans 20 minutes.


À continuer...

Question existentielle No.2

Pourquoi quand vient le temps de corriger, il y a toujours quelque chose de plus important à faire?

samedi 10 janvier 2009

Saison 1997 - Épisode 1 Celui sur le gazon

Extérieur, de jour

Amélie est étendue dans l'herbe de la cour de la maison de banlieue où elle habite. Elle porte une petite robe d'été, en coton noir avec des petites fleurs vertes, et elle étudie. Le lendemain, c'est son dernier examen du secondaire, celui d'histoire. Couchée sur le ventre, les deux mains sous le menton, elle révise. Non, elle rêve surtout pendant que Fred lui caresse le dos. Elle aime ça quand Fred lui caresse le dos. Il fait semblant d'étudier avec elle.

Ils se lèvent et embarquent dans la vieille Wolks de Fred. Ils arrêtent pour mettre 5 $ d'essence. C'est Amélie qui paye parce que Fred a une auto, mais pas d'argent. Ils roulent longtemps, le temps de 5 $ d'essence.

Elle rentre pour le souper. Amélie est comme ça, elle est toujours où elle doit être à temps. Et en mangeant ce soir-là, elle se demande si elle est amoureuse.

vendredi 9 janvier 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, une salle de classe universitaire

Amélie enseigne. Elle a mis son beau veston tout neuf et sorti ses souliers à talons hauts. Ça fait changement des gougounes, camisoles et autres vêtements légers portés allègrement au cours des huit-neuf derniers mois. Peu d'étudiants sont devant elle. Beaucoup de difficultés, des cheminements ralentis par la qualité de la langue: c'est mieux d'être moins nombreux. Une étudiante, appelons-la Carole, lève la main alors qu'Amélie clôt le cours.


C: Déjà, ce soir, j'ai compris des choses que j'avais jamais comprises.

A: Ah oui? Par exemple, lesquelles?
C: Ben, je ne pourrais pas dire, là, maintenant... *sourire gêné*...
A: C'est pas grave...

C: J'ai aimé ça que tu donnes des trucs. Je pense que je vais m'en rappeler.

A: Oui, bon, les trucs, ça peut aider, mais ce n'est pas tout. Faut aussi comprendre le fond, parce qu'un truc, ça s'oublie facilement. Quand on comprend, ça reste plus longtemps.


Hochements de tête approbateurs du reste du groupe

C: T'as-tu un truc pour «leur»? Je sais jamais quoi faire avec «leur».
A: Oui, j'en ai un truc.


Toutes celles qui avaient déjà mis leur manteau l'enlèvent et ressortent leur cahier.


Amélie reprend le minuscule bout de craie qui reste et elle parle, explique, donne des exemples. Et elles acquiescent, posent des questions, prennent des notes et suggèrent des contre-exemples.

Amélie enseigne et se rappelle qu'enseigner, c'est le plus beau métier du monde.