samedi 7 février 2009

Dans l'épisode d'hier...

Intérieur, de soir

Amélie passe la soirée seule avec sa meilleure amie. Ça fait longtemps. Trop longtemps que ce n'était pas arrivé. Les bébés, qui ont une vingtaine de jours, sont avec leur père. Amélie et G boivent du vin. Une bouteille. Tant pis pour le lait.
Ces retrouvailles font du bien à Amélie. Rien de grandiose. Mais après de nombreux mois de contraintes pour cause d'éloignement et de grossesse, c'était à la fois agréable et rassurant.

jeudi 5 février 2009

Question existentielle No.5

Pourquoi le litre d'essence est-il 0,10$ de moins à St-Jérôme qu'à Montréal? Y a-t-il un puits pétrolifère dont j'ignorais l'existence dans les Basses-Laurentides?

mercredi 4 février 2009

Saison 2006 - Épisode 1 Celui où Amélie prend une décision

Intérieur, de soir, début du mois de septembre

Amélie est assise autour de la grande table devant la fenêtre de la quincaillerie (le bar, pas le Rona). Elle est entourée d'amis et de collègues de travail. Ils ont mangé chez Panos. Ont bu tout plein de bouteilles de vin. Là, dans le bar sombre, ils augmentent leur taux d'alcoolémie à coup de Boréale blonde, de gin tonic et de rhum and coke. Ça discute allègrement. De tout et de rien. De l'école qui vient de recommencer, des nouveaux élèves aussi bébés gâtés que les précédents, de l'été qui se termine, des voyages qui ont été faits, des relations amoureuses toujours trop compliquées.

Amélie a la mine basse. Ces rencontres sociales sont de plus en plus difficiles. Rarement en sort-elle sans se mettre à pleurer dans les toilettes ou dans sa voiture sur le chemin du retour. Sa vie lui pèse lourd. Tous ont l'air heureux. Et elle, elle est malheureuse. Un malheur sans nom, fuyant mais permanent. Amélie sent qu'elle n'appartient pas. Qu'un mur se dresse entre elle et les autres. Elle s'en ouvre un peu, à l'occasion. Rarement. Ce soir-là, elle essaye de trouver des mots pour l'expliquer ce mal être.

Amélie: On dirait que la vie est liguée contre moi. Pourtant, je suis une fille intelligente. Je suis sympathique. Pourquoi y'a jamais rien qui marche?
G: Mais non, c'est pas vrai qu'y'a rien qui marche jamais. La preuve: on est devenues amies!
A: Je sais bien...
C: Tu ne penses pas que tu vois les choses pires qu'elle le sont vraiment?

A: Non.
C: *gros soupir*

P: C'est vrai que tu as eu ton lot de malheurs. Pis que la vie a pas toujours été facile pour toi. Mais en même temps, il y a plein de belles choses autour de toi.

A: Je sais pas...
G: Nous, on est là!

C: Bon, le travail, c'est pas parfait, mais t'aime ça quand même?
A: Oui, oui. J'aime ça enseigner. Encore plus depuis que P et moi on travaille vraiment ensemble. On est une super équipe.
P: Bon, tu vois!
A: Oui, mais.... ça va pas. Je vois pas le bout. Tout me fait chier dans le fond. Et ça me fait encore plus chier d'être célibataire.
G: Tu vas trouver, Amélie. C'est juste que le bon, celui qui te mérite vraiment, il a pas croisé ton chemin.
A: Humf!

M (qui s'immisce dans la conversation): On joue à un jeu. On se pose des questions! C'est moi qui commence! Amélie: préfèrerais-tu mourir écrasée par un yéti ou d'une allergie subite aux kiwis?
A: T'es con M!

M: Non, non, c'est une vraie question!

P: Amélie, tu ne penses pas qu'il serait temps que tu consultes? Je pense que ça te ferait du bien.

Amélie trouva ce commentaire dur. Elle pleura un peu dans la voiture sur le chemin du retour. Sauf que...

Le lendemain matin, sur le site de l'ordre des psychologues du Québec, elle se trouvait un gentil psy, Hugues. Toute une aventure allait commencer, mais ça, elle ne le savait pas encore.

samedi 31 janvier 2009

Dans l'épisode d'aujourd'hui...

Intérieur, de soir

Amélie prendrait bien un beau grand brun et lui ferait une belle place dans son lit. Elle ouvrirait même une de ses bonnes bouteilles de vin. Lui servirait peut-être de son porc massala...

Mais bon, les gars viennent souper. Et zéro «prospects» dans cette belle petite gang...Il faudrait qu'elle se tienne moins avec des gays... Mais ils sont tellement distrayants!

jeudi 29 janvier 2009

Saison 2008 - Épisode 2 Celui au marché

Extérieur, de jour, dans un marché public de Madagascar

Amélie n'est pas à Madagascar depuis 24 heures. Lalaina, son chauffeur, un ancien garde du corps, lui fait visiter le centre-ville et du même coup, le marché d'Anakely, le plus grand de Tana. Amélie a peur. Des peurs occidentales: se faire voler, se faire agresser, se faire arnaquer. Amélie marche tout près de Lalaina. Elle ne s'en éloigne pas. Elle sert contre elle son sac. La peur est puissante, la chaleur est intense, la ville est toute en collines et en escaliers. Amélie sue à grosses gouttes.
Elle se sent ridicule. Blanche, innocente et ridicule.

Amélie se promène devant les étals. Ici, le coin des babioles «made in China», celles bas de gamme qui font passer la marchandise des magasins à 1 dollar pour des produits de luxe. Là, le coin des vêtements. Usagés pour la plupart, entassés les uns sur les autres. Les acheteurs fouillent les tas frénétiquement. Personne n'essaye les vêtements. On juge à l'oeil et on achète. Pour la première fois de sa vie, Amélie voit une femme acheter un soutien-gorge sans l'essayer.

Lalaina: Attention Amélie, faut pas marcher sur le gazon, y'a des mines.
Amélie s'arrête brusquement. Son corps tremble: Quoi!!!! Y'a des mines anti-personnel ici?
Lalaina: Ah non, pas ce genre de mine. Les mines, c'est les cacas que les gens font par terre. Faut faire attention pour pas marcher dans les cacas.

Amélie ne sait pas si elle doit rire. Mais une chose est certaine: dorénavant, elle ne marchera plus en regardant en haut. Nenon, elle regardera, pour vrai, où elle met les pieds.


Quelques coins de rues plus loin, ce sont les produits alimentaires. Les poissons surtout. Beaucoup de poissons. À l'air libre. Entassés. Les mouches tout autour. Les têtes de zébu aussi. Amélie est décontenancée. Les odeurs, les bruits, la chaleur, les gens. Partout, il y a des gens. Pire que les Promenades St-Bruno un 24 décembre.

Lalaina: Ça va Amélie? Vous êtes correcte? On peut aller moramora (prononcez mouramoura) si vous préférez?

Amélie: C'est quoi moramora?
Lalaina, qui rit un peu: Ça veut dire tout doucement, tranquillement.

Amélie, au cours des mois suivants, expérimentera régulièrement le «moramora». Parce qu'à Madagascar, tout est «moramora»: le rythme de travail, le service au restaurant, les déplacements routiers, les déplacements aériens, le comptage de l'argent, la négociation de marchandises, les réponses aux courriels. Amélie s'habituera...un peu, mais restera toujours quand même intérieurement agressée par cette lenteur.

Sauf que...


Quand viendra le temps des expériences sexuelles malgaches, Amélie se dira que moramora, c'est agréable!

lundi 26 janvier 2009

Question existentielle No.4

Pourquoi est-ce que quand j'entre dans un magasin, ou pire, dans un centre d'achats, je ne peux pas seulement acheter la chose pour laquelle je me suis déplacée? Non, faut toujours que j'achète quelque chose d'autre...Je me trouve pathétique!

jeudi 22 janvier 2009

Saison 2003 - Épisode 1 Celui où Amélie manque de jugement...troisième partie

Extérieur, de jour

C'est la St-Jean. Amélie est assise dans le gazon, entourée de ses amis. Julie lui parle en chuchotant.


J : Là, va falloir le dire à Véronique que Patrick la trompe.
A : Je te le répète, j'ai pas couché avec lui.

J : Je le sais bien, mais s'il t'a appelée, il l'a probablement déjà fait avec une autre.

A : On ne le sait pas ça...
J : Écoute, Michel m'a raconté l'histoire. C'est Patrick qui l'a appelé pour lui dire qu'il fallait absolument qu'il le voie. Ils sont allés prendre une bière ensemble. Pis là, Patrick a demandé à Michel s'il pouvait lui faire confiance. Évidemment, Michel a dit oui.
A : Ok...

J : Pis là, il lui a dit qu'il avait couché avec toi pis qu'il fallait pas qu'il le raconte.

A : Ok...

J : Sauf que Michel pis moi on se dit tout, alors il me l'a raconté. C'est là que je t'ai appelée. Je pouvais pas y croire.
A : Ben c'est sûr, c'est pas mon genre (oh, la culpabilité intérieure ressentie par Amélie à ce moment-là).

J : Chut, ils arrivent.

Patrick et sa blonde arrivent et se joignent au groupe. Patrick s'assoit tout à côté d'Amélie alors qu'il n'y a manifestement pas de place. Amélie se raidit sérieusement lorsque Patrick, par derrière lui joue dans les cheveux et lui caresse le bas du dos. Malaise.


A, qui chuchote : T'es vraiment con.


Patrick demande à Michel d'aller faire un tour avec lui. Ils partent tous les deux. Les autres continuent de boire, de fumer et de jouer de la musique. Lorsqu'ils reviennent, Michel va parler à Julie pendant quelques instants. Julie revient vers Amélie.


J : Moi, je ne comprends plus rien!

A : Quoi?
J : Bon, Patrick vient de dire à Michel que c'est pas vrai ce qu'il lui a dit. Que vous n'avez jamais couché ensemble. Qu'il voulait juste tester sa fidélité.

A : Voyons, yé ben cave!


Intérieur, de soir, deux heures plus tard.

Par hasard, Amélie et Michel se retrouvent seuls dans la cuisine. Les autres sont dehors.

A : Pourquoi t'as donné mon numéro à Patrick? J'ai toujours pas compris.
M : Pour le fun!

A : Quoi?

M : Ben oui, je me suis dit que tu t'ennuyais sûrement. Je voulais voir ce que t'allais faire...

A : C'est quoi l'affaire?
M : C'est rien, c'est mon affaire.


Quelques années plus tard...


Amélie et Julie ne se voient plus depuis à peu près ce temps-là. Lorsque Julie tomba enceinte, elle téléphona à Amélie pour lui expliquer que compte tenu des circonstances, elle ne serait pas marraine comme elle lui avait jadis promis. Amélie ne s'en formalisa pas. Elles ne se parlaient plus de toute façon. Mais un jour, dans sa douche, elle comprit. Elle comprit que Michel avait gagné. Lui qui n'aimait pas Amélie, qu'il jugeait snob et le lui disait, avait obtenu ce qu'il voulait : se débarrasser d'elle. Amélie n'était plus dans le décor pour donner son opinion qui ne rejoignait que rarement celle des autres du groupe. Elle n'était plus là pour rappeler à Julie qu'elle avait fait une erreur en abandonnant l'école trop tôt. Mais surtout, Amélie s'aperçut qu'elle n'était plus là pour contredire Michel, chose fréquente dans leurs conversations. Elle n'était plus là pour souligner le fait que Michel, souvent, manquait de respect envers sa blonde. Amélie était la seule du groupe à avoir une carrière et à bien gagner sa vie, les autres ne travaillaient à peu près qu'au salaire minimum. Jalousie? Peut-être, elle ne le saura jamais. Mais une chose est sûre : Michel avait su profiter des faiblesses de Patrick et d'Amélie pour les utiliser à ses fins. Elle n'était plus là.

Amélie apprit beaucoup de cette rupture d'amitié. À compter de ce jour, elle cessa de se mêler des histoires de couple de ses amis. Elle cessa de dire ce qu'elle pensait de la tendre moitié des gens qu'elle aimait. Trop risqué. Elle choisit plutôt de s'entourer d'amis qui avaient un train de vie semblable au sien. Qui avaient des opinions plus semblables aux siennes. Et de se la fermer. Ça fait moins de problème...